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Europe 1 La libre antenne
00:14
Valérie Darmont. Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans votre libre antenne de ce week-end afin de partager encore une fois les moments les plus forts de la libre antenne, les plus émouvants, les plus remuants. Jusqu'à une heure du matin, vous pouvez composer le 01 80 20 39 21 01 80 20 39 21, numéro non surtaxé de notre standard. Vous pouvez nous joindre aussi au 5 39 21 75 centimes plus coût du SMS.
00:43
Et à l'adresse libreantenne, si vous souhaitez réagir à ce que vous entendez sur l'antenne. Belle émission, chers amis.
00:52
Bonsoir, Dany.
00:55
Bonsoir, Valérie. Merci d'être avec nous sur l'antenne, justement, d'Europe 1. Pour nous parler de quoi ? Dites-moi.
01:06
Ben Valérie, j'ai eu l'occasion d'appeler plusieurs fois. Donc une fois avec Olivier, une fois avec Roland et deux, trois fois avec vous Valérie. Et bon, on s'est appelé quand ça ne va pas. Donc je pense qu'il faut savoir appeler aussi pour dire quand ça va mieux ou que ça va bien.
01:25
Ah, vous avez tout à fait raison. Donc là, aujourd'hui, c'est un jour avec ?
01:28
C'était le jour avec. Ah, quelle bonne nouvelle. Voilà, sur plusieurs chapitres. Déjà, le logement, j'en ai eu un.
01:40
Alors, recontextualisez-nous, s'il vous plaît. J'ai du mal à le dire. Votre histoire un peu d'Annie, parce que vous êtes passée plusieurs fois. On a échangé, mais je ne me souviens pas de votre histoire. J'ai que votre prénom.
01:54
Je conduisais le bus 32 qui a été agressé à Marseille.
01:57
Ah oui, je me souviens. Réexpliquez pour les auditeurs, je me souviens très bien de votre histoire.
02:03
Oui, bien sûr. Je conduisais le bus 32 qui a été agressé à Marseille en 2006.
02:08
Bon, il était donc là, le choc, etc. Tout ce qui s'est passé m'avait profondément touchée et meurtrie, parce que j'ai quand même fait deux ans de psychiatrie, je crois que j'ai fait presque toutes les semaines de la région. Voilà, ça allait quand même bien, j'étais relativement... Je suis relativement bien suivie par le psychiatre actuel que j'ai depuis 15 ans ou 16 ans. Mais parallèlement à ça, et suite à des erreurs... Alors je ne sais plus si je dois dire volontaire ou pas, Valérie, parce que je me suis retrouvée au mois de juillet l'année dernière sans plus aucun revenu.
02:46
On m'a absolument coupé toutes les rentrées d'argent. La seule rentrée d'argent que j'avais, c'était une petite passion de validité. Donc on m'a dit qu'il fallait que je passe à la retraite de suite. Mais en principe, la retraite, j'aurais dû l'encaisser que là, au mois de février-mars, Mais bon, j'ai un peu pété un câble, j'ai téléphoné au ministère de la Santé et je suis tombée sur une dame qui était inquiète, la secrétaire du cabinet à l'époque de Mme Vautrin.
03:16
Bon, je ne donnerai pas son nom parce qu'elle ne veut pas. Elle est intervenue en l'espace d'un mois. J'ai déposé le dossier en septembre. Le 17 octobre, j'enquissais ma retraite. Mais tout le monde m'a dit, ça c'est du nommé plus.
03:30
Vous avez quel âge aujourd'hui ?
03:34
J'ai eu 64 ans le 23 décembre.
03:37
Et il me semble, dans mon souvenir, que vous aviez sauvé une vie, c'est ça ? C'est la jeune fille qui était brûlée au deuxième ou au troisième degré ? Oui, troisième. Voilà, c'est ça, dans le bus, je me souviens, exactement, exactement.
03:52
Oui, et donc, bon, alors attention, la retraite, elle n'est pas flammée, Valérie, elle est de 774 euros. C'est vrai, ils m'ont monté à 679 euros.
04:00
Donc je me suis retrouvée sans plus rien, divorce en même temps, etc. Donc pas de possibilité d'avoir de logement, parce qu'auprès des bailleurs, il faut avoir trois fois le montant du loyer.
04:13
Mais vous avez divorcé quand, Dani ? Officiellement, j'ai été divorcée à partir du 9 juillet 2025. Ah oui, c'est tout récent.
04:24
C'est tout en même temps, après 38 ans de mariage. Et pour quelles raisons ?
04:31
Écoutez, je ne sais pas. Un jour, nous avons eu une dispute terrible, terrible. Mais je n'ai pas compris. En fait, j'étais partie la veille avec une amie. On devait passer la journée chez sa sœur. Et je me suis trompée, Valérie. Pourtant, ce n'est pas de moi, parce que j'ai l'habitude de conduire. Mais ce jour-là, j'ai vraiment joué de ma chance. Je me suis trompée. Au lieu de prendre la direction de la Sainte-Marie-de-la-Mer, je me suis retrouvée à Lyon. On fait une tour de vie. Je suis rentrée très tard.
05:03
Alors, est-ce que ça a énervé mon mari ? Est-ce que je suis rentrée le soir à minuit ? Mais je veux dire, je m'étais perdue. C'était vraiment de la main force.
05:12
Mais vous l'avez appelée quand même sur la route pour lui le dire ? Oui, je l'appelais vers 20h quand j'ai vu que je serais très en retard. Je l'ai appelé en lui disant que le repas est prêt, il n'y a plus qu'à chauffer. S'il te plaît, est-ce que tu peux faire manger Romy ? Votre petite chienne. Je ne t'inquiète pas, je vais rentrer. Je ne sais pas ce qu'il lui a pris. Jamais ça ne s'était passé avant ça. Quand je suis arrivé, il était furieux, il était de colère noire. Il m'a dit, dégage de la chambre.
05:44
Je suis venu dormir sur le canapé dans la salle à manger. Et puis le lendemain, alors écoutez Valérie, ça a été une explosion de violence physique et verbale. J'ai rien compris ce qui s'est passé. Physique ?
05:55
Il a levé la main sur vous ?
05:57
Oui, oui. Ce qu'il n'avait jamais fait. Ce qu'il n'avait jamais fait. Voilà. Ça a été physique et verbal au point que j'en suis tombée malade. Ça m'a fait un choc émotionnel terrible qui m'a déclenché trois maladies. La fibromyalgie,
06:19
J'ai fait ce qu'on appelle le takotsubo, vous savez, le syndrome du cœur brisé. Ah, le cœur brisé, oui. Les médecins l'ont constaté ? Tout à fait, tout à fait.
06:29
Et j'ai développé ce qu'on appelle le TNF, c'est-à-dire le trouble neurologique fonctionnel. Voilà.
06:36
Et depuis, c'était la dégrégolade, c'était la perte de revenus, la perte de tout, la perte de repères, de repères avec lui, parce que je n'ai pas compris ce qui est passé.
06:46
Surtout après 38 ans et sans jamais un acte de violence ni verbal ni physique, il a vrillé complètement votre mari.
06:52
Complètement. Complètement. Ça fait 44 ans que ce qu'on est et 38 ans qu'on a été mariés.
06:58
Et surtout, il a traversé avec vous toutes les épreuves que vous, vous avez vécues depuis l'attaque du bus. Tout à fait, tout à fait. Depuis où vous êtes reparlé, justement à froid, comme nous le disait Elisa à l'instant ?
07:13
Alors, disons que je cohabitais, là je suis sur le canapé, ça fait 16 mois que je dors sur le canapé, lui il est dans la chambre, il m'autorise d'accès à la salle de bain, tout ça. Cet été, il m'a quand même fait souffrir, parce qu'il a fait très très chaud chez nous, et particulièrement dans la salle à manger où je dors, salon de salle à manger, il devait faire un peu de 40 degrés. Il m'avait supprimé la télécommande de la climatisation. Donc Michel s'était poussé à l'excès.
07:44
Il avait coupé l'eau chaude, ce qui fait que ce n'était pas grave. À ce moment-là, il faisait très chaud. Donc pour prendre la douche, ce n'était pas... Mais c'est surtout que moi, je ne me laissais plus faire, parce que pendant 38 ans, je me suis tuée, Valérie. C'est assez compliqué, peut-être que... Mais je vais vous expliquer. Moi, je venais, quand je l'ai rencontrée, j'avais 20 ans, Valérie. Je venais d'une famille, il n'y avait que des divorcés dans ma famille. Mes parents étaient divorcés, mon frère était divorcé, mes hommes étaient divorcés. Chez moi, le divorce, c'est une institution, vous voyez. Donc là, j'ai rencontré mon mari.
08:16
Je suis tombée dans une famille où...
08:19
Apparemment, c'est le contraire. C'était des couples qui tenaient depuis des années.
08:24
Qui tenaient ou qui s'aimaient ? Qui tenaient et qui s'aimaient.
08:29
D'accord. Qui tenaient et qui s'aimaient. Donc, je me suis dit, mais finalement, ça existe. Alors, je ne vous dis pas...
08:36
On avait des petits approchages. Mais moi, je me disais, ah, c'est pas grave, Dany. Là, c'est tombé. Tu vas pas te divorcer. Tu vas pas te discuter pour ça. Le problème, Vaziri, c'est que moi, je le prenais comme quelque chose que, bon, c'était pas grave. Mais en face de moi, j'avais quelqu'un qui prenait de l'emprise au fur et à mesure. Voilà. Donc, je sais pas. Voilà. Parce que tout le monde me dit, tu as supporté pendant 40 ans ? Oui, mais je n'avais pas l'impression de supporter.
09:03
C'est maintenant que je me rends compte que... Sur les 40 ans, il y a eu quand même de nombreuses années où vous étiez affaiblie, démunie, hospitalisée et en choc traumatique, en syndrome post-traumatique. Donc, effectivement, vous ne pouviez pas vous battre sur tous les fronts non plus ?
09:22
Non, non, non.
09:24
Alors là, qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes toujours sous le même toit ?
09:28
On est sous le même toit, mais ça y est, j'ai obtenu un logement. Je déménage mercredi. Bon, ce n'est pas gagné, Valérie, parce que sur le plan administratif, j'ai eu une cousine qui est expert comptable, c'est même plus que ça, elle est au CGA.
09:46
Elle m'a dit qu'il y a environ 35 à 40% des personnes qui ne le savent pas, mais leur retraite, c'est... Je veux dire, il y a des erreurs. Voilà. Alors, si on ne dénonce pas une fois qu'on a été notifié, on est mort. Moi, on m'a dit deux mois, il paraît que six mois. Moi, j'ai dénoncé de suite le montant de la retraite que je touche. Alors, évidemment... Ce n'est pas gagné. Il faut que je fasse des démarches. C'est l'histoire du pot de fer contre le pot de terre. Mais petit à petit, je remonte, je remonte.
10:18
Et puis, beaucoup de personnes...
10:20
Comment vous savez, Dany, qu'il y a des erreurs dans la retraite ? C'est parce que vous avez calculé, vous avez vu qu'il y avait des périodes de vide, tout ça ? Vous avez fait le calcul vous-même ?
10:30
J'ai fait le calcul moi-même parce que ce qui se passe, Valérie, moi j'étais en invalidité catégorie 1. Vous avez trois catégories, la 1, la 2, vous êtes relativement « bien », entre guillemets. La 3, vous êtes gravataire.
10:45
Mais quand vous passez à la retraite, je sais très bien s'il y a des personnes qui m'entendent, parce que comme ça, ça permettra de savoir, quand vous êtes en invalidité, catégorie 1 ou 2, que cette invalidité est consécutive, soit un accident de travail, une agression, ce qui était mon cas, ou une maladie professionnelle, et que vous avez ce qu'on appelle une ITP supérieure à 20%, ce qui est mon cas aussi, puisqu'elle était de 27%, Le calcul, alors déjà vous êtes à taux plein, ils vous prennent à taux plein, ils n'ont pas le droit de vous prendre à 50%, et ils doivent vous calculer sur les 10 meilleures années, et non pas les 25 meilleures années.
11:26
Et le taux, le coefficient de calcul est différent. Il est de 0,25 ou de 0,75. Alors évidemment, quand vous faites le calcul de base annuelle, Ça, c'est pas du tout le même moment de temps, comprenez ? Et oui, bien sûr. Et moi, je me retrouve avec pratiquement deux fois et demi de moins que ce que je devrais avoir.
11:44
Ah oui, donc vous allez vous battre.
11:46
Alors, je me bats. Je suis déjà passé, comme j'ai dit à la personne qui a instruit mon dossier à la CARSAT, Parce que quand j'étais passée, il y avait des personnes qui disaient que je devais demander l'ASPA, etc. C'est très bien l'ASPA, Valérie. Mais moi, je veux mon dû. L'ASPA, certes, ça m'aidera le temps que je puisse régulariser ma situation. Mais moi, ce n'est pas l'ASPA que je veux. C'est mon dû.
12:12
Oui, mais vous avez raison. Vous avez aussi travaillé pour. On vous le donne.
12:17
C'est tout. J'ai travaillé, mais surtout, il y a 20 ans, Valérie, moi, je n'ai rien demandé. Je n'ai rien demandé. C'était 21 heures.
12:27
je faisais mon boulot pour une femme. Je pense que ce n'est pas un boulot très facile, parce que ça se voit de plus en plus. Mais il y a 20 ans en arrière, sur 1 600 chauffeurs, on devait être 80 femmes. Je pars de la région de Marseille, de la RTM. C'était 21 heures, je faisais mon boulot dans des quartiers nord. Et croyez-moi, j'ai failli mourir. Peut-être j'aurais dû... Bonjour ce soir-là, moi c'est ce que je crois, parce que ce que je passe depuis 20 ans, c'est insupportable.
12:56
Oui, mais vous avez sauvé des vies, Dani ?
12:59
Oui, mais vous savez, Valérie, quand on fait le ratio, on se dit... Parce que j'en ai eu des épreuves, Valérie. Ma maman me disait toujours... Moi, je suis catholique, pratiquante, je ne suis pas de grenouille de bénitier. Et si on me donne une claque sur la droite, je ne tombe pas la joue gauche. J'adapte parce que... Voilà. Mais je ne fais pas de mal. Je ne suis pas quelqu'un qui est... Je ne suis pas de nature jalouse ou à convoiter ou quoi que ce soit. Tout ça, je ne connais pas la méchanceté. Je n'ai pas été élevé comme ça. Et ma maman me disait souvent, il faut être retrouvé pour arriver à relativiser.
13:33
Mais croyez-moi, Valérie, que depuis 20 ans, des épreuves j'en ai. J'en ai beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. J'ai eu un accident de bateau, j'ai failli me retrouver paralysée à 40 et quelques années. J'ai soigné ma mère pendant 30 ans, qui était une grosse malade, mais pas 30 ans...
13:49
30 ans au quotidien à assister à ces opérations elle était dialisée elle avait des problèmes cardiovasculaires elle avait beaucoup de problèmes j'étais là à tout moment je vais vous dire Valérie je ne suis partie en collégie que quand ma mère est décédée
14:05
Vous, je crois, Dany, que souvent, vous savez, on parle des postures que l'on prend dans la vie, des structures, la sauveuse, le bourreau, la victime. Vous, vous êtes une sauveuse au sens propre. Vous êtes vraiment une sauveuse, vous, qui sauve le monde. Vous avez quand même sauvé des vies ce jour-là dans le bus.
14:24
Des fois, c'est ce que je dis, Valérie. Je me dis que Dieu m'a mis sur terre avec une mission, c'est aider et sauver. Parce que, vous voyez, Valérie, j'ai même connu le reste du cœur. Et croyez-moi que dans ma vie, je n'ai pas eu de problème d'argent. Attention, je n'étais pas une millionnaire. Mais j'ai aidé financièrement, professionnellement. J'ai hébergé des gens. J'ai donné de l'argent, mais donné, mais des sommes. Et là, je me suis retrouvée dos au mur. Il n'y a que deux personnes de mon entourage qui m'ont aidée. Deux. des amis qui étaient, figurez-vous, comme quoi le destin, c'était les aides de ménageurs de ma maman que je connais depuis plus de 20 ans.
15:03
Toutes les deux sont présentes. Une s'appelle Mireille, l'autre s'appelle Cécile. Je donne leur prénom. Vous avez raison, vous les honorez comme ça. Elles ont fait en un an et demi ce qu'il n'y en a pas été capables de faire en 20 ans. Il faut que je vous dise aussi, Valérie, aujourd'hui, ça fait le 29e jour que j'ai supprimé tous les cachets antidépresseurs anxioïstique, hypnotique, somnifère. J'ai tout supprimé avec l'accord de mon psychiatre. Voilà.
15:33
Ça faisait 20 ans que ça durait. Vous devez être fière de vous. Mais je le suis. Maintenant, comme il m'a dit mon psychiatre, attention. Il m'a dit, vous savez, le contre-cours, ça parle de 48 heures à 4 mois. Donc, je fais tout pour ne pas retomber dans ce système. Maintenant, il y a d'autres médicaments par rapport à la fibromyalgie et tout ça.
15:54
En tout cas, la vie répond présente. Puisque là, vous arrêtez les médicaments, ça fait un mois, et vous avez l'appartement.
16:02
Oui, oui, oui, oui. Et je vous dis, bon, parce que comme j'ai expliqué à la dame de la CARSA, s'il faut, j'irai jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme. Parce que moi, je demande juste mon dû, Valérie. C'est tout ce que je demande. Je n'ai pas dit que je voulais 10 000 euros de retraite par mois et pouvoir partir, faire la fiesta, le bling-bling, ça ne m'intéresse pas tout ça. Moi, je veux une vie sereine, tranquille. J'estime que j'ai assez souffert. Alors, même si je dois être encore éprouvée dans l'avenir, allez, allons-y, ce n'est pas grave.
16:33
Mais je vais pouvoir le traverser sereinement, tranquillement. Parce que je ne suis pas fatiguée, je suis épuisée, Valérie. Je suis épuisée.
16:41
Est-ce que vous emmenez Romy avec vous ?
16:44
Vous avez un petit chien, non, il me semble, ou pas ?
16:47
Alors, j'ai une petite chienne. Et justement, Valérie, si vous me permettez ce soir, j'aimerais lancer un appel auprès des personnes de la région PACA par rapport à un petit chien. Parce que là, j'ai ma petite chienne remue. La semaine prochaine, je dois récupérer une petite chienne dans un élevage qui n'est pas...
17:09
entre guillemets, excusez-moi de l'expression que je vais employer, mais vendable, ou qui ne peut pas repartir parce qu'elle a une stenose pulmonaire. Donc moi je l'accepte et je vais m'en occuper et j'espère que notre chemin va durer longtemps. Et puis je vais récupérer aussi notre petite chienne qui est sourde, qui a besoin, qui a été maltraitée, etc. Et j'avais entendu tout à fait par hasard une émission Il y a un chien dans un refuge d'Aix-en-Provence qui s'appelle Djinko, qui a été attaché à H24 pendant 8 ans, qui a reçu des coups et qui aurait besoin, il y a 12 ans maintenant, de finir sa vie tranquille.
17:51
Alors là, je savais que j'ai pleuré Valérie parce que ça m'a aimé beaucoup son histoire. Je suis montée pour le récupérer. Malheureusement, il a une très très grosse masse au niveau du coup. Et il est atteint de l'échemagnose. Mais ça, ce sont des frais qui sont pris en charge, parce que c'est un panier retraite, par la SBA. Mais il a une durée de vie qui n'est pas très grande. Il va simplement le sortir du box, du froid, qu'il soit heureux pendant quelque temps. Et ça, je ne suis pas armée psychologiquement, Valérie.
18:22
Je ne me sens pas. J'étais prête à le prendre. Je suis montée sur Aix-en-Provence, je le cherchais.
18:28
On m'a dit que la durée de vie, c'était en gros un an, peut-être un peu plus, mais je ne me sens pas d'affronter ce deuil.
18:39
Vous vouliez lancer un appel pour que quelqu'un se prenne en charge Djinko, qui est dans un refuge SPA, donc d'Aix-en-Provence, qui a une espérance de vie que d'un an.
18:54
A peu près, s'il y a une famille aimante ou une personne âgée, pas trop âgée tout de même évidemment, ou une personne qui souhaiterait faire une bonne action, un acte d'amour...
19:12
Évidemment, gratuit. C'est important de le dire, un acte d'amour gratuit. Juste apporter de l'amour inconditionnel à un vieux toutou qui ne va pas très bien et qui pourrait droit peut-être un petit peu d'amour avant de partir. Cette personne, si elle nous écoute ce soir et j'y mets vraiment tout mon cœur lorsque je le fais, vous savez combien j'aime les animaux. N'hésite pas à nous contacter au 01 80 20 39 21 01 80 20 39 21 pour accueillir ce chien.
19:43
Évidemment que la SPA va prendre toutes les précautions pour être sûre qu'il tombe dans une bonne famille. C'est important parce qu'il a déjà beaucoup souffert.
19:52
C'est ça. Et je vous dis Valérie, je ne me sens pas. Bon déjà, quatre chiens, ça ne serait pas facile à gérer. Mais bon, je le ferais, ça ne serait pas grave. Ça ne me dérangerait pas de me priver pour lui apporter. Vous savez, des fois, je dis hier que j'étais à Jubal de Brigitte Bardot. Mais là, je ne me sens pas psychologiquement. Lui donner de l'amour et le voir partir, je ne me sens pas. Oui, oui. Je ne me sens pas d'affronté.
20:14
C'est ça, c'est parce qu'il va partir, on va s'attacher et dans un an, il est parti. C'est tellement compliqué de les voir partir, nos animaux, que...
20:22
Là, c'est vraiment un acte d'amour pour ce chien, pour qu'il termine vraiment sa vie en douceur et en toute tranquillité, le plus harmonieusement possible, en fait.
20:34
Il est vraiment trop beau, il est de couleur brégée. Il a un regard, Valérie, mon Dieu, ses yeux sont pleins d'amour, ça dit tout. Et je veux dire, malgré ce qu'il a subi, attaché... H24, on a 8 ans, il est frappé, il n'y en veut pas aux humains.
20:49
Le pauvre, le pauvre. Et vous, vous êtes aussi quelqu'un qui est plein d'amour, Dany. Je me permets de vous embrasser très fort, de vous souhaiter un très beau déménagement, et encore de continuer comme ça à bien vous rétablir. Vous faites un merveilleux travail sur vous, vraiment un merveilleux travail sur vous.
21:08
Et si vous permettez, Valérie, j'aimerais aussi remercier... Le maire de ma commune, M. Lionel de Cala, qui a été réélu là aujourd'hui, parce que je l'ai rencontré deux, trois fois, dont la première fois le 10 juillet 2025, quand il est arrivé tout ça, toutes ces catastrophes. Il a déclaré un tsunami d'entraide, mais alors vraiment. Et dernièrement, ça n'allait pas très bien, juste avant que j'ai l'appartement. J'étais vraiment à deux doigts de faire une bêtise. Et il vous a entendu. Il m'a fait téléphoner par sa secrétaire.
21:39
Il a de suite téléphoné à mon médecin pour que mon médecin me reçoive en urgence. Il a téléphoné au CCAS pour qu'il vienne à la maison. Il a écouté ce qu'il a fait s'attendre. Voilà, je veux dire... Et voyez, aujourd'hui, quand je suis sortie du bureau de vote, je l'ai croisée. Il m'a dit, Dany, bonjour, il m'a fait la bise. Voilà. Et voilà, c'est un homme formidable et...
22:01
Et c'est bien de rendre hommage aux gens qui font des choses sur le terrain. C'est ça, c'est ça. C'est ça. Et qui prennent soin. Prenons soin les uns des autres, on ne le répétera jamais assez. Oui, dites-moi, Danie.
22:13
Vous savez, Valérie, juste, je finirai sur ça aussi. La dernière fois que je vous avais appelé, il y avait six personnes qui avaient laissé leur numéro pour que je les rappelle. Et notamment, qui proposaient, il y en avait trois quand je les ai rappelés, qui m'ont proposé une aide financière. Dont un monsieur...
22:30
qui a 87 ans, qui s'appelle Pierre, qui proposait de m'envoyer 100 euros par mois par semaine. Et j'ai refusé, Valérie. J'ai refusé. Parce que j'ai dit, monsieur Pierre, c'est gentil, je comprends ce que vous faites, mais je ne peux pas accepter parce que d'abord, je vais essayer de m'en sortir seule. Deuxièmement, ce n'est pas à vous à m'aider. Je dois récupérer mon but. Et troisièmement, j'aurais l'impression de faire un abus de confiance. Donc j'ai tenu bon. Mais malgré tout, tous les soirs, Valérie, depuis la dernière fois que je vous ai eu votre téléphone, nous nous appelons et je vais monter, lui rendre visite.
23:07
Il habite du côté de Beaujancy, pas loin d'Orléans. Et voilà, c'est un peu comme le papy que je n'ai plus. C'est magnifique !
23:24
Et voilà, donc là aussi je voulais le remercier ce monsieur parce que... Est-ce que vous savez combien ça me touche ce que vous nous dites ce soir ?
23:33
Parce que c'est exactement le pourquoi de cette émission de la libre antenne sur Europe 1. C'est cette capacité que nous avons de mettre les gens en lien L'espoir de jour meilleur et l'espoir en l'humanité ?
24:11
C'est ça, c'est ça. Et là, il y a beaucoup d'humanité, ce monsieur qui prend la peine de vous contacter via Europe 1 pour vous tendre la main, pour vous aider, tous les autres auditeurs aussi, puisque vous avez eu six contacts. Cet élu qui fait le travail, enfin quand même, ça nous fait du bien qu'il y en ait quelques-uns. Vous voyez Yaline ce soir, vous avez lancé cet appel pour le chien qui vient de nous dire c'est dommage parce que moi je viens de perdre ma petite chatte, Perle, elle a 15 ans et j'ai du mal à faire mon deuil. Sous-entendu qu'elle aurait pu aussi s'occuper de Djanko si elle n'avait pas perdu son animal de compagnie.
24:48
Donc vous voyez, c'est ça la magie de la vie. Et j'ai commencé l'émission sur le merveilleux, sur cette citation de Christian Bobin que j'aime infiniment, qui est un auteur que j'adore, qui a le sens de la poésie, de la merveille, un peu comme Christiane Singer. Mais c'est ça, rajoutons de l'émerveillement dans nos vies. Christian Bobin qui disait « Ce qui manque au monde, ce n'est pas l'intelligence, c'est l'émerveillement ».
25:12
Continuons d'avoir de nous émerveiller des relations humaines et de la magie de la vie. Elle est partout, c'est nous qui ne la voyons pas forcément. C'est ça.
25:21
Mais vous savez Valérie, moi je suis une personne très loyale. D'abord je suis capricorne, donc je suis très entière. Quand on me fait du bien, je n'oublie pas que quand on me fait du mal non plus. Et un jour je monterai sur Paris, parce que...
25:37
Je viendrai en personne remercier les personnes qui m'ont aidée. Donc, vous, Europe 1... Avec plaisir.
25:43
Vous serez la bienvenue en régie. Vous serez la bienvenue en régie. Je vous embrasse très fort, Dany. C'est la fin de cette émission. A bientôt. Prenez bien soin de vous. Sous-titrage Société Radio-Canada
26:36
C'est comme âge
26:55
Des fleurs, des fleurs, des fleurs, des fleurs, toujours des fleurs, évidemment. Je veux pas me jeter des fleurs, mais je suis pas le pire des amants. D'ailleurs, si je t'en fais une, on sait pas que j'ai des sentiments. C'est juste que j'aime ta fleur, je voudrais qu'on passe un bon moment. C'est juste qu'on y met les formes un peu tout le temps. Du coup, ben tu le sais que j'aime tes formes, évidemment. Mais oui, ce que j'aime, c'est qu'elles sont hors normes tout bonnement. Ça vole pas très haut, mais je ne suis qu'un homme, évidemment.
27:33
Toujours tes peurs, évidemment
27:54
C'est parti !
28:36
Des fleurs, des fleurs, toujours des fleurs, évidemment Je veux pas me jeter des fleurs, mais je suis pas le pire des amants D'ailleurs, si je t'en fais une, on sait pas que j'ai des sentiments C'est juste que j'aime ta fleur, je voudrais qu'on passe un bon moment C'est juste qu'on y met les formes un peu tout le temps Du coup, ben tu le sais que j'aime tes formes, évidemment Mais oui, ce que j'aime, c'est qu'elles sont hors normes tout bonnement Ça vole pas très haut, mais je ne suis qu'un homme, évidemment
29:06
Il y a des dates et des chiffres qui comptent plus que d'autres. Quand près d'un tiers des agriculteurs vivent avec moins de 350 euros par mois...
29:13
C'est une honte. Quand la violence s'invite dans notre quotidien avec plus de 600 agressions par jour... Ça interpelle la justice. Mais quand vous êtes près de 600 000 de plus à avoir rejoint la grande famille européenne en trois ans...
29:25
C'est une force.
29:27
À l'aube des échéances politiques les plus décisives de la décennie, Europe 1 continue de placer vos préoccupations au cœur de l'antenne. Le coup d'envoi de la rentrée, c'est le 27 août.
29:36
Le 27 août, en route pour 2027 avec Europe 1.
29:41
La radio libre. Leclerc, bonjour. Vos pommes gala françaises, elles sont vraiment... Délicieuses ? Pas chères ? Oui, mais surtout, vraiment...
29:52
Ah, vraiment craquante, je confirme ! Et du 21 au 23 août, les pommes gala françaises de verger éco-responsables sont à 1,59€ le kilo. Et 10% de tickets Leclerc en plus sur tous les fruits et légumes à activer sur votre appli Mont Leclerc. Chez Leclerc, le goût du frais, ça se défend tous les jours. Catégorie 1, calibre 170-200g, modalité magasin et drive participants sur www.e.leclerc. La libre antenne de repeint. Valérie Darmon accompagne vos nuits.
30:25
Bonsoir Marie-Claude. Bonsoir Valérie. Merci d'être avec nous sur l'antenne d'Europe 1 et d'avoir composé le 01 80 20 39 21 pour nous parler de quoi Marie-Claude ?
30:36
Alors justement, j'avais une réaction par rapport à Maïté.
30:41
Voilà, moi je voulais vous dire que, je vais avoir 80 ans, j'habite dans une résidence de 4 étages avec 8 locataires, dont 3 communautés différentes. Et il y a également des Français, dont il y a un Français qui m'aide, mais les autres communautés m'aident les premiers.
31:06
Toujours. J'ai pas trop de problèmes de santé. Ce qu'il y a, c'est que j'ai la carcasse qui est usée. Si bien que j'ai quatre prothèses, deux hanches et deux genoux. Et des problèmes, j'ai une autre petite opération, pas très grave, mais enfin, j'avais pas le droit de porter. Et mes voisins, ces voisins-là, ils sont les premiers à m'aider. C'est en bas de mon escalier.
31:32
Je laisse mon sac en bas. Si j'ai besoin, j'essaye de porter quand même le maximum. Mais je le laisse en bas et quelqu'un me le montre. Je ne sais pas qui. Mais on me le montre et je le trouve sur mon palier.
31:42
Ah oui, il y a une vraie solidarité. C'est l'immeuble d'Yacoubihan chez vous. Tout à fait. Vous êtes dans quelle région ?
31:50
Région parisienne.
31:51
Région parisienne.
31:53
Alors il y a des Turcs, j'ai des Portugais et j'ai des Algériens. Et les Turcs, c'est des gens, tout le monde travaille. Tout le monde est très bien, tout le monde travaille. Et les Turcs, le plus jeune, il a 18 ans.
32:08
le plus jeune qui reste à 18 ans, il me voit arriver de loin, s'il veut ma voiture dans mon garage, s'il arrive, avant qu'il soit garé, ne portez pas, ne portez pas, je vous montre ce que vous avez besoin. C'est extraordinaire.
32:22
Vous, c'est l'exemple inverse de Maddy. Tout le monde vous donne un coup de main d'une manière ou d'une autre. Sans que vous ayez à demander. Et sans que vous ayez à demander.
32:33
Non, ça me gêne. Mais c'est vrai que quand ils font leurs fêtes, ils me donnent toujours des gâteaux. Ils me donnent toujours quelque chose. Et moi, quand il y a une naissance, je donne un petit quelque chose. Et quand c'est Noël, je donne des chocolats. Et quand c'est Pâques, je donne quelque chose pour les enfants, pour les petits, évidemment.
32:49
Est-ce que vous faites de temps en temps, vous ouvrez la maison pour boire un petit café, un petit thé, des choses comme ça ?
32:55
Non, c'est juste de l'entraide entre voisins, comme ça devrait se passer d'ailleurs. Tout à fait, tout le monde est correct, tout le monde est très propre, tout le monde est correct. Vraiment, on se parle et tout, vraiment, rien à dire. Par contre, il y a d'autres Français, quand on veut arriver, on reste dans la voiture pour éviter de me demander quelque chose. Je ne demande rien, attention, mais pour ne pas m'aider. Donc vous voyez, voilà, il faut vous dire qu'il y a des gens quand même qui sont bien.
33:22
Eh bien oui, vous faites bien de le préciser aussi, c'est-à-dire qu'on n'est pas tous logés à la même enseigne, au même endroit, avec la même personne.
33:30
Et puis il y a des gens qui travaillent les escaliers, on mange, je vais dans les escaliers, enfin c'est vraiment, il y a un très grand respect les uns des autres, pas de bruit et tout, enfin vraiment c'est très agréable et voilà.
33:43
Ah oui, c'est l'inverse de Denise et l'inverse de Madi. C'est un petit immeuble que vous habitez ?
33:51
Oui, il y en a plusieurs, mais il y a un petit immeuble. On est quatre locataires, huit locataires par escalier. Il y en a d'autres qui sont plus nombreux, mais il doit y en avoir six.
34:03
à peu près, mais dans l'ensemble, dans l'ensemble, ça va. Bien sûr, il y a des escaliers qui sont plus délicats.
34:10
Vous les connaissez, vous vous êtes installés depuis longtemps et ces familles aussi, vous les connaissez depuis longtemps ?
34:15
Non, ces familles sont là depuis 3-4 ans. Avant, ça naviguait pas mal. Il y a des gens qui sont partis, des gens qui sont partis pour différentes raisons. Il y en a qui ont acheté un... une maison, il y en a qui ont été en province, mais là vraiment, moi j'aidais les autres également, des gens qui ne sont plus de ce monde, mais je les aidais, mais même les français, des fois ils ne voulaient pas qu'on les aide. Vraiment, les Français ne voulaient pas. Moi, je ne sais pas ce que je demande, c'est que ça me gêne, mais c'est spontané, mais je porte le maximum que je peux, mais vraiment, ils sont là toujours.
34:50
Bon, on va vous aider, laissez. Alors, des fois, une fois, je suis rentrée tard, je suis rentrée, il était 20 heures. J'ai laissé en bas de l'escalier, j'ai dit, bon, la personne qui vient me faire mon ménage, mon être ménagère le prendra demain matin, minuit et demi, c'était à ma porte.
35:07
Ah oui, ah oui.
35:09
Même s'il rentre tard, il va y avoir ça qu'on me le montre.
35:11
Et surtout, ce que j'entends aussi, c'est que vous, vous ne générez pas non plus la peur ou la menace. C'est-à-dire que vous laissez vos courses en bas de l'escalier et vous vous dites j'ai confiance, quelqu'un va me les amener. Oui, tout à fait. Et c'est bien parce que ça veut dire aussi que vous rayonnez d'une certaine manière la confiance.
35:32
Faites confiance. Et puis, s'ils ont besoin de quelque chose, ils savent que je suis là. Mais les locataires qui étaient là avant, moi, je les aidais. J'ai dit, si vous avez besoin de quelque chose, dites-le moi. Je vous aiderai. Mais ils n'osaient pas. Même entre Français, on n'osait pas.
35:45
Oui. Non, parce que c'est vrai qu'à une autre époque, moi je me souviens, on pouvait aller chercher, il manquait un œuf, on allait frapper chez le voisin. Est-ce que vous avez des œufs ou du sel ou du sucre ? Et ça créait du lien aussi.
36:00
Oui, oui, oui. Mon femme, j'ai eu un locataire, c'était un petit peu trop poussé. Il lui manquait toujours quelque chose. C'était des Français, mais il lui manquait toujours quelque chose. Et puis, alors, les gamins faisaient un bruit pas possible. Pouf ! C'était un peu épuisant, vous voyez. Moi, je veux bien aider, mais enfin, il y a des mesures. Mais là, on ne me demande rien. Je leur dis, si vous avez besoin de quelque chose, au jour de l'an, bon, je leur donne à un petit quelque chose. C'est tout à fait normal. Et puis, bon, je vous dis, nous, c'est pas que je donne quelque chose pour les enfants ou il y a eu une naissance. Bon, j'ai donné, j'ai acheté quelque chose pour le bébé.
36:33
Oui, mais c'est le donné recevoir. C'est le donné recevoir, Marie-Claude. Eux vous aident à leur manière et vous vous aidez à votre manière.
36:41
Voilà, voilà. Ils sont charmants. Tout le monde est très gentil, respectueux, propre. Alors là, l'escalier, c'est impeccable. Il n'y a aucun problème. Ils sont petits pour l'instant, donc après, c'est plus difficile peut-être, je ne sais pas. Mais pour l'instant, les petits, les jumeaux, sur mon palier, quand ils m'ont vu la première fois, ils commencent à palier.
37:01
Ah, ils m'ont vu que j'avais des cheveux blancs.
37:04
Ah, une mamie.
37:07
Voilà, j'étais la mamie. Puis tout dépend de l'éducation des parents aussi avec les enfants. C'est aussi ça.
37:12
Maintenant, ils m'appellent par mon nom de famille. Ils sont contents de me voir. Ils m'appellent par mon nom de famille. Voilà, vous voyez, c'est vraiment... Beaucoup de respect. Les uns les autres, on a beaucoup de respect. Tout le monde est très propre, tout le monde est bien.
37:25
Vous, vous êtes là depuis longtemps ? Vous, vous êtes là depuis longtemps, Marie-Claude ?
37:28
Très longtemps, oui.
37:30
Vous êtes une des plus anciennes ?
37:32
Maintenant, oui. Ben oui, ça fait plus de 40 ans.
37:36
Ah oui, effectivement. Puis vous n'avez aucune raison de bouger. Ce n'est pas comme Maddy.
37:40
C'est-à-dire que si, je voudrais bouger parce que j'ai quatre étages.
37:43
Sans ascenseur ?
37:44
Ah ben oui. C'est ça le problème. Si j'avais un ascenseur, ce ne serait pas un problème. Mais d'un autre côté, ce n'est pas facile parce qu'on a notre vie, on a nos habitudes. Et si je recherche un logement, automatiquement, ce sera beaucoup plus petit. Et il faut se trouver, je suis tellement bien, c'est les escaliers, mais je suis tellement bien où je suis. On a la campagne qui est à côté, on a plein d'activités que je peux plus ou moins faire maintenant. Mais dans notre commune, on a une très très bonne commune qui est bien gérée.
38:17
Vraiment, il y a toutes sortes de choses qui sont très bien.
38:21
Peut-être que vous pouvez demander, alors je ne sais pas si c'est un logement social ou pas ?
38:25
Oui, c'est ce que je voudrais.
38:26
Peut-être que vous pouvez demander à la mairie s'ils ont un rez-de-chaussée ou un premier étage.
38:30
Non, non, non. On m'a déjà proposé, mais des choses qui n'étaient pas... Non, ça ne pouvait pas convaincre.
38:35
Ce qui serait bien, c'est dans votre immeuble, en fait.
38:37
Oui, mais il n'y a pas... Je n'ai pas le droit d'avoir un trois-pièces dans mon immeuble. Je suis toute seule maintenant, donc je n'ai pas le droit. J'avais voulu descendre d'un étage ou de deux étages. Même au premier étage, ça ne me gênerait pas. Même au deuxième, ça ne me gênerait pas. Donc, je n'ai pas le droit. Non, quand on est seul, on n'a plus le droit d'avoir un trois pièces.
38:56
Vous vous organisez avec vos voisins si gentils, peut-être.
38:59
Oui, pour l'instant, oui, oui.
39:01
Non, non, mais peut-être qu'il y en a un dans l'immeuble qui aura envie de monter de deux étages et vous de descendre... Non, on n'a pas le droit.
39:08
Non, on n'a pas le droit. C'est interdit, on n'a pas le droit. Non, ce qu'il y a, c'est pour voir... Parce que j'ai quand même... Ma dernière prothèse a été faite au mois de novembre. J'ai quand même deux ans chez deux prothèses de genoux.
39:22
J'ai les quatre.
39:25
Plus les tendons dans une épaule qu'on lâchait. Bref, pour l'instant, ça va.
39:33
Il y a peut-être d'autres HLM dans d'autres quartiers de la ville qui sont très très bien, non ?
39:37
Non, il n'y en a pas. On a une ville de 9000 habitants, il n'y en a pas.
39:41
Non, non, je suis tellement bien. Je voulais aller dans une autre commune, mais ce n'est pas facile. Vous savez, pour les personnes âgées, on ne fait rien. On ne fait rien. C'est toujours pour les familles qui sont nombreuses. Et quand vous vieillissez, pour les personnes qui sont seules, ou alors si on avait proposé un 30 mètres carrés, qu'est-ce que vous voulez que je fasse dans un 30 mètres carrés ? Quand on a toute sa vie, un 30 mètres carrés, c'est bien pour des jeunes qui débutent, qui n'en viennent. Mais quand on a sa vie, quand on a ses souvenirs, quand on a une partie de sa vie quand même, on ne peut pas être dans un 30 mètres carrés, vraiment.
40:19
Surtout si vous avez trois pièces aujourd'hui. Vous avez des enfants, Marie-Claude ? Oui, oui, oui.
40:25
Vous en avez combien ? J'ai un fils.
40:28
D'accord. Il vient vous voir ? Il est proche de vous ?
40:31
Oui, oui, il vient me voir quand même. Bon, ils ont leur vie, ils sont toujours pressés, quoi, voilà. Quand on s'occupe de leurs enfants, on se plie complètement à eux. Et puis après, c'est fini. Moi, il y a eu plein de choses que je n'ai pas faites, des activités que je pouvais faire que je n'ai pas faites parce qu'il fallait que je m'occupe des enfants. Et je me suis pliée en quatre pour les enfants. Puis maintenant qu'ils sont plus grands, moi...
40:54
Maintenant, que je suis plus libre parce qu'ils ont été en sixième, maintenant ils sont en première, que j'étais beaucoup plus libre, mais ma santé a décliné et puis je ne peux plus faire ce que je faisais.
41:08
Alors du coup, voilà, c'est le gros problème. On est à la retraite, on dit on fera ça, on s'occupe des petits et puis on s'épuise au bout d'un moment et après, quand on est libre, on ne peut plus. Voilà. Et opération sur opération et ainsi.
41:24
Et vos petits-enfants, ils ne viennent pas beaucoup vous voir non plus ?
41:27
Non, vous savez, ils ont de l'âge bête, ils ont 16 ans.
41:29
Oui, c'est ça, ils sont occupés avec les copains et les copines.
41:34
Oui, à partir de 13 ans, non, c'est l'après-adolescence, c'est l'adolescence, non... C'est ainsi, c'est comme ça. Et on est tous pareils, tous j'ai la même enseigne. Quand on écoute les uns les autres, ils ont l'âge bête, ça ira mieux quand ils auront 18-20 ans. Mais il y a un âge qui est très difficile à passer.
41:54
Vous avez des amis, Marie-Claude ?
41:57
Oui, j'ai des amis, mais il y en a mes amis que j'avais, hélas... Ils sont partis au ciel, comme on dit. Donc, j'ai une amie qui est partie il y a 4 ans, elle avait 68 ans. J'en ai une autre qui n'est pas le même âge, qui avait 68 ans, qui est partie. Donc, maintenant, on arrive à un âge que les amis, ça se restreint.
42:18
D'où les activités que l'on peut poursuivre. Alors, peut-être des activités qui ne vous demandent pas de faire du sport ou d'être trop active ?
42:25
Voilà, c'est ce que je vais faire maintenant, mais pendant 5 ans, j'ai opération sur opération. J'en ai eu en janvier 2024, j'en ai eu 2 en 2025. Entre temps, j'ai perdu mon frère et j'étais très liée avec mon frère. Donc tout ça s'accumule, on ne récupère pas autant. Aussi vite que quand on est jeune. J'espère maintenant être tranquille et pouvoir recommencer à faire différentes choses. Mais je faisais beaucoup de choses avant et que je ne peux plus.
42:58
Ce n'est pas facile. Oui, c'est ça. S'adapter, s'adapter, s'adapter.
43:02
Ce n'est pas facile. Surtout quand on se réveille le matin. Quand on met les pieds par terre, on dit non, je ne peux pas.
43:09
Et il faut accepter.
43:10
Il faut accepter, voilà. Mais non, là, je pense que là, ça va repartir cette année. Là, maintenant, l'année dernière était quand même assez... Entre janvier, juin et octobre, novembre, ça a été quand même... On cumule, hein. Voilà.
43:28
Bon, ben, avec les beaux jours. On va dire qu'au printemps, ça va repartir quand la sève va remonter.
43:32
On attend tout ce soleil. On a eu une période qui était très difficile, là.
43:38
Le temps était triste, c'était gris. Ce n'est pas très enthousiasmant non plus.
43:43
Ça, c'est sûr. C'est pour ça qu'il faut patienter. Dans un mois et demi, c'est une sortie d'affaires.
43:51
Ah oui, mais moi, je vis qu'avec les fleurs...
43:55
Les fleurs et les plantes.
43:57
Ah oui, toujours. C'était ma profession. Ah, vous étiez fleuriste ?
44:01
Oui, oui.
44:02
Ah, magnifique métier.
44:04
Donc la nature et tout, là, fin janvier, on commence à entendre les merles qui veulent nicher, donc il y a les merles, il va y avoir les pigeons, j'entends ça de ma fenêtre, et puis la nature va se réveiller, ça va être superbe.
44:19
Exactement. Alors vous savez quoi ? Alors, c'est joli, il y a Louise au 73921 qui dit « Si je vivais dans sa ville, je serais ravie de l'aider et même de boire un verre avec elle en terrasse ». Louise, si vous souhaitez nous laisser votre numéro de téléphone au 73921 75 centimes plus coût du SMS, on transmettra avec joie votre numéro de téléphone. Oui. à Marie-Claude. N'hésitez pas. Et nous, on vous fait un petit cadeau, Marie-Claude, ce soir sur l'antenne d'Europe 1. On va se quitter sur la chanson de Laurent Woulzy et fils, Le soleil donne.
44:54
Qu'est-ce que vous en dites ?
44:55
Bien sûr, il arrive.
44:56
Voilà. Alors, je vous embrasse, Marie-Claude. Merci d'avoir composé le numéro du Standard. Merci.
45:01
Et bonjour à toute la communauté et à l'accueil que vous avez.
45:05
Merci.
45:05
Merci beaucoup. Europe 1
45:15
La libre antenne.
45:17
Valérie Darmont. Bonsoir et bienvenue dans les meilleurs moments et sans doute les moments les plus forts de la libre antenne de cette semaine. N'hésitez pas tout de même à composer le 01 80 20 39 21 01 80 20 39 21 numéro non surtaxé de notre standard et vous pouvez aussi nous écrire pour réagir à ce que vous entendez à l'antenne au 7 39 21 75 centimes plus coût du SMS. Bonne émission. Europe 1, la libre antenne.
45:47
Bonsoir Patrick. Oui, bonsoir Valérie. Merci de composer le 01 80 20 39 21. Et Nicolas me disait à l'instant pendant le disque que vous êtes au volant. Enfin, vous vous êtes arrêté pour nous parler bien sûr, mais que vous nous écoutiez dans votre camion, c'est ça ?
46:09
Ah, mais j'adore. Vous savez, moi, j'adore les routiers. Donc, s'ils m'entendent ce soir, qu'ils n'hésitent pas à nous appeler. Vous faites quel parcours, là, Patrick ?
46:18
Euh... Grenoble-Bône. Bône-Sambéry-Sambéry-Grenoble.
46:26
Ah, d'accord.
46:27
Bon, ça va, c'est pas...
46:30
C'est pas de très, très longues distances, non plus.
46:33
Ah, ça fait quand même 550 kilomètres, et en camion, c'est une nuit de travail, quoi, ça.
46:38
Oui. Beaune, c'est magnifique comme ville, en tout cas. Bon, vous n'aurez peut-être pas l'occasion de voir grand-chose, mais il y a les auspices de Beaune, c'est très très beau. Alors, quel est l'objet de votre appel, Patrick, ce soir ? Dites-moi.
46:49
En fait, je vous écoute depuis peu, puisque j'ai repris un petit peu le travail en dépannage, je suis retraité. Oui. Et j'écoute aussi qui ont des joies, des bonheurs, etc., des problèmes et autres. Et en fait, je me dis, avec tous les malheurs que j'ai eus, que je suis quelqu'un d'heureux et de chanceux, parce qu'on se voit à la misère de beaucoup de personnes.
47:24
Et moi, j'ai eu une enfance très heureuse dans un foyer de boulogne, J'ai connu l'amour à 16 ans, ça a duré très très très longtemps. J'ai eu deux beaux enfants. J'ai rencontré la mort pour la première fois par mon père, j'avais 27 ans.
47:40
Oui.
47:42
Où j'ai eu une souffrance mortelle.
47:44
Bah oui, tôt quand même, 27 ans pour perdre son papa, c'est beau, c'est tôt.
47:49
Oui, tout à fait. Mais bon, voilà, j'ai tellement eu de bonheur avec lui que...
47:55
tout en étant tôt, voilà, je garde tout ce qui a été bon auparavant.
48:02
Oui, parce que vous avez eu la chance d'avoir un très bon père aussi. Aussi, tout à fait. Voilà, et donc de vous être vraiment rencontré. Vous faites penser souvent à cette citation de France Gall, que je cite souvent sur la Libre Antenne d'Europe 1, qui a perdu sa fille à 20 ans et qui dit « j'ai eu la chance de la connaître jusqu'à 20 ans ».
48:18
Oui, effectivement, peu importe, le temps n'est pas le plus
48:25
C'est la qualité de ce que vous avez partagé qui est importante.
48:29
Voilà. On se dit toujours que c'est trop tôt quand ça arrive.
48:33
Mais bon, voilà. Quand ça arrive, ça arrive. Malheureusement, on ne peut pas y faire grand chose.
48:39
Et donc, après, ma vie a continué.
48:44
J'ai eu de gros enfants. Et j'ai retrouvé la mort plusieurs années plus tard, en 2009, avec ma première femme.
48:54
Donc,
48:57
Et la maman de vos enfants ?
48:59
Voilà, qui était encore beaucoup plus jeune que mon père. Elle avait 49 ans. Je l'ai accompagnée pendant un an durant toute la maladie. Et la maladie dont on parle, dont j'ai l'impression qu'on va tous l'avoir.
49:17
Mais bon, c'est comme ça.
49:21
Et là, j'ai touché le fond. Je sais ce que c'est de toucher le fond.
49:27
Parce que c'est moi qui l'ai fait partir. Ça a été très dur, très pénible. Parce que c'était la fin, mais comme c'est interdit en France, c'était interdit d'autant plus il y a près de 20 ans.
49:46
J'ai été aidé pour le faire. On m'a dit, nous, on ne peut pas le faire.
49:49
Oui, il y a quand même des médecins conciliants, dans certains cas, qui peuvent aider et qui peuvent comprendre.
49:58
Et donc, je l'ai gardé à la maison pendant un an et je l'ai aidé à partir d'un an.
50:06
À la fin, il ne restait plus rien.
50:07
Je dirais que c'était un semi-comma permanent.
50:12
Donc voilà, c'était plus pour soulager et la soulager. Et je pensais me soulager. Et là, j'ai touché fond. Pendant deux ans, ça a été affreux pour moi. Tout en continuant de vivre et de travailler. Mais c'est la nuit que je payais. Je rentrais chez moi le soir. J'avais encore un enfant à charge qui faisait ses études. Et donc on se retrouvait le soir tous les deux juste pour rentrer dormir.
50:44
Et voilà, enfin lui dormir et puis moi me confondre.
50:48
Et dans ma défiance ponctuelle d'alcool.
50:55
Ah, là vous avez sombré dans la dépendance à l'alcool à ce moment-là.
51:00
Oui, oui, pendant deux ans. Mais je ne roulais pas à l'époque, puisque j'ai toujours été chef d'entreprise. Et les autres roulaient pour moi. Donc je rentrais chez moi le soir et je pouvais pouvoir dormir.
51:13
Et oublier, et calmer la souffrance intérieure.
51:18
Fuir, en fait. Je fais une toute petite parenthèse parce qu'on a Eric, justement, qui est routier et qui dit qu'il nous écoute, qu'il conduit actuellement dans le Sud-Est. Toulon, Sorgue, Sorgue, Marseille, Marignane, Marseille, Avignon, Avignon, Toulon. Voilà, c'est la petite parenthèse. On salue Eric, évidemment. Bien sûr. Je vous redonne donc la parole. Donc au bout de deux ans, comment vous vous êtes sorti de cette dépendance à l'alcool, Patrick ?
51:43
Eh bien, les copains. Les copains m'ont vu sombrer, des copains proches.
51:52
Ils m'ont tiré, ils m'ont amené, ils m'ont sorti, je vais faire plein de choses. Et donc j'ai repris un petit peu le goût à la vie.
52:05
Et j'ai rencontré ma deuxième femme aujourd'hui. C'est aujourd'hui ma deuxième femme qui avait déjà une fille de 5 ans.
52:16
Oui.
52:18
Et ça a été un amour complètement différent de ma première femme. Et un amour quand même.
52:27
Oui, et puis un premier amour, il n'y en a qu'un de toute façon.
52:30
Voilà, c'est ce que je dis quand je parle avec mes enfants.
52:35
Je dis voilà, je ne pourrais jamais aimer une autre femme. J'ai aimé ta mère. Mais j'aime différemment. Voilà, j'aime différemment. Et donc j'ai eu une fille. Maintenant j'ai une fille de toute manière. C'est la vie. Et donc j'ai réappris à vivre. J'ai réappris à aimer. J'ai réappris à faire l'amour parce que ça en fait partie aussi. Oui, bien sûr. J'ai réappris tout ça.
53:04
Et puis voilà, donc j'ai élevé ma fille qui est aujourd'hui à 20 ans.
53:08
Oui.
53:09
Et je vais, je pense, très bientôt rencontrer encore une fois la mort. Car ma mère est âgée, elle a 93 ans. Oui. Et voilà, elle n'est pas malade, mais elle est régulièrement malade. Voilà, elle n'a pas de maladie.
53:33
Et j'ai peur de rencontrer à nouveau cette mort.
53:39
Mais là, c'est plus dans l'ordre des choses, quand même. C'est important de le signifier tout de même. J'ai une maman très âgée aussi, un tout petit peu plus jeune que la vôtre. Bon, c'est dans l'ordre des choses, aussi. Vous voyez ? C'est toujours difficile. Voilà, c'est la vie. Et puis, si elle n'a pas de raison de s'éteindre comme ça, si elle n'a pas de pathologie, votre maman, elle peut... Aujourd'hui, il y a des centenaires, de plus en plus de centenaires, hein ?
54:08
Oui, oui, tout à fait. C'est simplement qu'elle voit son état régresser un petit peu. Et de jour en jour, je dirais, avec l'âge. Et elle commence à avoir des cités noires, tout ça. Et moi, étant à la retraite, je vais la voir tous les jours. Sauf comme là, quand je travaille, je la vois un petit peu moins. Mais sinon, je vais la voir tous les jours. Et j'ai peur...
54:38
J'ai peur de la suite, de sa mort, parce que j'aime énormément ma mère. Et j'ai peur, ça change encore quelque chose dans ma vie et que ça m'apporte encore un lot de souffrance énorme, tout en me disant de toute manière, regarde avec ce qui t'est arrivé, tu en es sorti, ça s'est toujours passé, ça se passera. Et puis voilà, comme vous dites,
55:07
Et puis, vous êtes accompagné tout de même, Patrick. C'est pour ça que vous avez commencé aussi en disant, moi, je suis plutôt joyeux et heureux. Vous avez quand même vos enfants, vous en avez trois. Vous êtes proche d'eux. Alors, proche et loin à la fois.
55:21
En fait, j'ai un fils qui est à Tahiti, j'ai un autre qui est à Bangkok. Et voilà, il me reste ma fille qui fait des études. Donc, je vois de moins en moins, forcément.
55:37
Et voilà.
55:38
Mais vous avez votre seconde femme ?
55:42
Oui, mais elle est beaucoup plus jeune. Elle a 12 ans moins que moi, elle travaille toujours et elle va encore travailler au moins 12 ans, je dirais. Et voilà, donc je suis seul la journée quand elle part au travail, je suis seul.
55:58
Oui, mais vous êtes accompagné quand même. Vous n'êtes pas tout seul dans la vie. Quand vous étiez veuf, vous avez vécu seul, ce n'est pas du tout la même histoire qui se raconte. Et puis, vous avez vos amis. J'imagine que vous les avez gardés, vu que c'était de tellement bons amis. Donc, ce n'est pas du tout... Vous avez quand même des points d'appui dans la vie, en plus de vous-même. Oui.
56:21
Et puis, je me dis que Comment je pourrais m'expliquer ? C'est compliqué un petit peu de dire son ressenti par rapport à la vie. Je dis simplement que c'est la vie, ça passe. Je n'ai pas d'idée noire, je suis heureux, tout va bien, je suis en bonne santé, ma femme, mes enfants, ma mère aussi, entre guillemets.
56:53
Et je me dis que c'est dans l'ordre des choses. Là, c'est ma mère. Demain, ce sera certainement moi, si on est réellement dans l'ordre des choses. Mais il y a toujours quelque chose à se raccrocher pour la vie.
57:12
Il y a toujours quelque chose de bon qui nous arrive. Ou alors, il faut vraiment avoir un chat noir et être poursuivi, comme j'entends quelques fois les...
57:22
les pauvres personnes, j'ai l'impression qu'ils ont eu des filles de misère,
57:27
Oui, mais vous savez, l'émission de ce soir, puisque vous l'avez écoutée, puisque vous nous avez pris au vol et puis vous nous avez appelés, je vous en remercie. Vous voyez, c'est vraiment le thème de ce soir. Elles se dessinent toujours de la même manière, les émissions. C'est souvent étonnant. C'est comme s'il y avait un fil conducteur qu'on ne connaît pas avant de prendre l'antenne, ni Tristan, ni Nicolas, ni moi. Et ce soir, c'est vraiment... Il y a toujours quelque chose de merveilleux qui peut se passer. Il s'agit juste de regarder.
57:56
Ça a été vraiment le fil conducteur de ce soir, de Marie-Thérèse, de Charlie qui a perdu trois enfants quand même. Même de Léonie, d'une certaine manière. Vous voyez, il y a toujours un petit fil conducteur.
58:12
de quelque chose de beau qui peut se présenter. Moi, je crois que le plus important, et pour tout vous dire, et parce qu'on est en fin d'émission, moi j'ai une maman qui est à l'EHPAD, les auditeurs le savent, parce qu'elle a fait un AVC. Bon, je l'ai vu la semaine dernière, et je disais, mais on est tous en bonne santé, ça suffit pour se réjouir.
58:32
Oui.
58:32
Voilà.
58:33
Oui, et puis il faut prendre toutes les bonnes choses que la vie peut nous apporter,
58:40
les prendre et pas attendre que ça tombe du ciel tout soir je crois que c'est surtout profiter du présent oui aujourd'hui on est là vivons au mieux là où on est d'ailleurs c'est la pleine conscience c'est vraiment la méditation de la pleine conscience c'est à dire quand je découpe une tomate je suis dans le couteau qui découpe la tomate là je suis à l'antenne je suis en qualité de présence en tout cas j'essaie au maximum avec vous et vous avec moi
59:11
Oui, tout à fait.
59:12
Et c'est ça l'important. C'est ça l'important.
59:15
Oui. Patrick, est-ce que vous voulez qu'on se reparle demain un petit peu de votre vie, par exemple ?
59:21
Malheureusement, demain, non, ça va être compliqué parce que c'est le week-end et j'irai
59:30
Vous allez profiter de la famille. En tout cas, si vous voulez qu'on se reparle vendredi prochain, vous n'hésitez pas, cette antenne est la vôtre. Donc n'hésitez pas pour qu'on poursuive notre échange parce que c'est la fin de l'émission, donc je vais être obligée de vous laisser reprendre votre route.
59:49
Avec grand plaisir. Nicolas sera ravi de vous prendre en ligne avant de vous passer à l'antenne, comme ce soir. Un grand merci Patrick. Soyez prudents sur la route. A très bientôt, à vendredi prochain.
60:15
Pretty Woman Won't you pardon Pretty woman Talk a while Pretty woman Talk a while Sous-titrage ST' 501 C'est parti !
62:48
Bonsoir Mathilde.
63:05
Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir sur l'antenne d'Europe 1. C'est un petit peu tardif. Merci à vous d'être avec nous et de partager votre dimanche soir avec nous sur Europe 1 pour nous parler d'amour.
63:22
Et je crois que vous souhaitez rebondir sur le témoignage de Fred de la semaine dernière qui nous racontait un peu ses péripéties à travers les applis de rencontres. Et j'ai quand même le bonheur d'annoncer aux auditeurs et aux auditrices qui ont suivi le témoignage de Fred que Fred a rencontré l'amour sur une appli.
63:42
C'était tout le sujet de la semaine dernière. Quant à vous, Mathilde, quelle est votre expérience sur le sujet ?
63:47
Alors, moi, elle est un petit peu différente. J'ai cru rencontrer l'amour, mais j'ai rencontré surtout un gros menteur et un grand mythomane. J'ai été bien manipulée, donc je n'ai pas tout à fait la même expérience.
64:06
Alors, quand vous dites un grand menteur, un grand mythomane, comment vous en êtes aperçue ? Parce que tout le drame de ces applications de rencontres, et Fred a commencé là-dessus d'ailleurs la semaine dernière, c'est-à-dire déjà les mensonges se font autour des photos qui sont mises sur ces sites de rencontres, qui sont rarement fidèles à la réalité. Vous, j'imagine que ça a été plus loin. Les désillusions ont été beaucoup plus loin que la simple photo qui n'était pas la bonne.
64:35
Oui, tout à fait. Moi, la photo correspondait bien au personnage. C'est tout, pas descriptif, mais en fait tout le mystère qu'il faisait au sujet de ses activités professionnelles qui l'amenait à s'absenter très souvent en voyage, à l'étranger.
65:01
en me donnant des raisons qui me semblaient de temps en temps un petit peu farfelues ou peu réalistes. Mais quand on rencontre quelqu'un qui vous plaît sur l'appli, avec qui le dialogue s'établit assez bien, en fait on a envie d'y croire. Donc on...
65:23
On a une petite lumière dans sa tête qui se dit, là c'est un petit peu bizarre ce qu'il me raconte, mais on y va quand même parce qu'on a envie d'y croire.
65:32
Ça faisait combien de temps, Mathilde, que vous étiez seule lorsque vous avez rencontré ce monsieur ?
65:37
Ça faisait deux ans.
65:39
Deux ans, et est-ce que vous arriviez à un moment donné de votre vie où la solitude était véritablement pesante, où vous vous sentiez peut-être plus fragile, peut-être plus démuni, peut-être que vous aviez besoin d'une épaule, ce qui fait que si vous aviez été dans un autre contexte, peut-être qu'il y aurait eu moins de prise ?
65:58
Ah oui, tout à fait. Moi, je sais que j'étais en demande et en manque d'affection avec un veuvage qui s'est mal terminé. Donc, j'étais au bout de deux ans, c'est vrai que j'avais envie de rencontrer quelqu'un. Et cette personne-là correspondait tout à fait au profit de ce que je recherchais en fait.
66:15
Donc à quel moment vous commencez à avoir ce que les jeunes appellent des « red flags », donc des moments comme ça où il faut être particulièrement vigilant ? À quel moment ça s'est passé ? Au bout de combien de temps, Mathilde ?
66:29
En fait, quand je fais l'analyse, ça s'est passé assez vite, puisque ce charmant monsieur était censé faire des photographies dans le nord de l'Europe, et on était déjà au mois de novembre. Et c'est l'histoire de contrat de photo où il ne devait rester que 15 jours sur place. On est passé à trois semaines, on est passé à un mois.
66:59
Et en fait, je me disais... Comment peut-il faire de la photo alors qu'il n'y a plus de lumière à cette époque-là et que ce n'est pas l'époque à laquelle on programme de faire des photos ? Il y a deux heures de luminosité en Finlande ou en Norvège, il y a très peu d'heures de luminosité. Il me racontait qu'ils étaient en plein staff à faire des photos...
67:25
pas très loin des frontières avec la Russie. Enfin bon, c'était...
67:30
Toute une aventure, toute une épopée.
67:32
Toute une aventure.
67:34
Après, il aurait pu faire des photos de nuit. S'il partait, par exemple, pour un magazine expert de la photo, il n'y a pas forcément de règles. Vous voyez, si c'est son métier, ça, ça pouvait tenir la route comme histoire ?
67:51
Oui, il avait le bénéfice du doute, ça c'est vrai. C'est pour ça que je l'étais interrogative, mais je n'ai pas réagi plus que ça. C'est quand il est rentré, ou il m'a dit qu'il rentrait un samedi matin à l'aube et qu'il m'apporterait les croissants. Donc, quand il m'a dit qu'il décollait à 11h et puis qu'à midi et demi, il était déjà sur le périph', je me suis dit, en 1h30, ce n'est pas possible. C'est un vol supersonique, oui.
68:28
comme ça et j'avais des petites lumières rouges qui s'allumaient progressivement dans mon esprit.
68:36
Est-ce que naturellement, avant cette histoire, vous étiez un peu suspicieuse ou vous l'êtes devenue parce qu'il y avait une forme d'intuition féminine ?
68:50
Non, je crois que je le suis devenue parce que Je ne l'étais pas auparavant, mais en fait, c'était tellement de temps en temps farfelu ou tellement étrange ce qu'il me racontait que je me suis dit, il y a quelque chose, ce n'est pas possible, il y a autre chose.
69:12
Il est parti pour faire un travail concernant un concert qui avait lieu en Europe. Et puis, il est parti donc une semaine pour travailler, tout en me racontant que je ne savais pas si le concert allait avoir lieu ou pas avoir lieu, etc. Et puis, quand j'ai fini par me mettre sur les réseaux sociaux, j'ai vu que le concert était annulé alors qu'il prolongeait son voyage.
69:35
Donc, je me suis doutée que le voyage, il ne le faisait peut-être pas tout seul. Voilà.
69:41
Oui, ou peut-être qu'il n'était pas en voyage et qu'il avait une double vie tout simplement.
69:45
Exactement, voilà. Donc ça, ça a été la lumière rouge qui s'est allumée. Encore plus. C'était à peu près, encore plus, oui, à peu près deux mois après le début de notre histoire.
69:57
Et la goutte qui a fait déborder le vase, qui a fait que peut-être, je ne sais pas, est-ce que vous l'avez confondu un jour ce monsieur ?
70:05
J'ai fini par lui piquer son portable et fouiller dans son portable.
70:09
Il laissait quand même le portable accessible.
70:13
Il a fait l'erreur une fois de laisser son portable dans son manteau.
70:17
Et à 6h du match, je me suis levée, et comme j'avais repéré son code, j'ai fait le code, et j'ai vu un message de l'autre nana avec qui il était, qui disait, j'ai pas de tes nouvelles, qu'est-ce que tu fais, etc. Donc je me suis aperçue qu'à elle, il lui racontait qu'il partait en voyage, faire une mission, machin, quand il était avec moi, et à moi, il faisait l'inverse. Donc c'était bien pratique de voyager, ça lui permettait, non pas de voyager en Europe, mais de voyager... Entre deux domiciles. De bout d'un autre de Paris, quoi.
70:46
Ah oui, parce qu'il vivait avec vous deux.
70:51
Il vivait chez moi, en fait. Il s'est installé chez moi quand il est revenu de son périple de photographie. Il s'est installé chez moi et ça ne l'a pas empêché de s'absenter pour aller passer quelques jours chez l'autre personne, mais moins fréquemment parce qu'il était chez moi.
71:10
Et en fait Mathilde, les mensonges qu'il inventait, c'était le même mensonge pour l'une comme pour l'autre ? C'est-à-dire qu'il était dans les fjords pour les deux par exemple ? Sauf que ce n'était pas les mêmes moments forcément, pour éviter de se prendre les pieds dans le tapis comme on dit ?
71:26
Non, pour elle, je ne crois pas qu'il lui a raconté qu'il était dans les fjords. Moi, il me racontait qu'il était dans les fjords, ce qui lui a permis de me faire poireauter quatre semaines à attendre qu'il revienne. Je pense que pendant ce temps-là, il avait au moins une personne, puisque je suis rentrée en contact avec elle. Après, peut-être qu'il en avait une autre, je ne sais pas.
71:54
Je sais qu'il l'a vu pendant la période où il était censé être dans le Nord. Et après, quand il était chez moi, il était censé être en Europe, mais pour d'autres raisons. Ce n'étaient pas les mêmes mensonges.
72:08
Il accommodait les mensonges au fur et à mesure. Tout était bien rodé, en fait.
72:14
Ah oui, c'était vraiment rodé. Et quand vous l'avez confronté à ses mensonges, après avoir trouvé les messages dans son téléphone, comment il a réagi ?
72:28
En fait, j'ai fait un gros mensonge, je lui ai dit que j'avais eu Lana au téléphone, alors que je ne l'avais pas eu au téléphone, et qu'il pouvait prendre ses affaires et partir. Et là, il s'est assis, il était un peu livide, et il m'a demandé ce que je lui avais dit, et je lui ai dit, écoute, c'est entre elle et moi, donc ça ne te regarde pas, donc tu prends tes affaires et tu dégages. Et...
72:53
J'ai eu la faiblesse de croire qu'effectivement, il avait déjà envisagé de quitter l'autre personne et qu'il mettait du temps à la quitter, mais que du coup, il donnait le coup de pouce pour qu'il la quitte.
73:11
Donc en fait, il vous a fait croire qu'il vous choisissait vous ?
73:15
Oui.
73:18
Et finalement ?
73:21
Il vous a choisi ou pas ? Il m'a choisi. Oui, il m'a choisi. Mais en fait, la relation était biaisée depuis le début. Parce qu'en fait, il faut quand même qu'il y ait... C'est déjà pas facile de... Enfin, j'ai pas une grosse expérience des sites de rencontre. Mais en fait, quelle que soit la rencontre, s'il n'y a pas un phénomène de confiance qui s'installe, on ne peut rien bâtir. On peut encore moins bâtir parce qu'en fait, on est obligé de se baser sur les dires de la personne qu'on rencontre.
73:53
Si on rencontrait quelqu'un avec des amis ou qui connaissait d'autres personnes, on peut avoir des infos sur l'homme qu'on rencontre, savoir si... S'il est fiable, s'il n'est pas fiable, quelle a été sa vie. On peut avoir des points de repère. Quand on est sur une appli, on est dépendant de ce que la personne veut nous raconter. Que ce soit, c'est le même principe avec les photos, l'âge, etc. Tout peut être complètement biaisé. Et là, tout était...
74:24
c'est mal parti donc ça ne pouvait pas aller très loin.
74:28
Et est-ce que Mathilde vous avez rencontré des amis à lui par exemple à un moment donné et lui évidemment des amis à vous mais dans ce sens-là j'imagine qu'il y avait moins d'inquiétudes parce que parfois quand on commence à rencontrer un peu le cercle de la personne même via des applis, il y a des gens qui se sont connus sur des applis qui sont mariés et qui ont fondé des familles on commence à avoir plus d'informations.
74:53
Oui, alors effectivement, j'ai rencontré des amis à lui. Alors, soit j'avais rencontré des amis, mais qui voyaient le défilé des gonzesses au fur et à mesure. Donc, chacun fermait sa bouche et me disait bonjour. Et je sentais bien que j'étais quantité négligeable parce que j'étais une parmi plein d'autres et que j'étais une nana de passage et que la semaine d'après, ça serait certainement une autre ou le mois d'après, ça serait certainement une autre. Donc, ça fait une sensation qui est relativement désagréable.
75:26
que j'ai perçue assez facilement. Ses amis étaient très sympas, mais j'ai bien senti au départ que je ne les intéressais pas plus que ça.
75:36
Mais un peu complice, vous voulez dire complice de son attitude, c'est ça ?
75:40
Pas complice, mais habituée à son attitude. Et par contre, des gens de sa famille, entre guillemets, qui étaient plutôt complices. Son frère notamment, qui avait vu défiler certainement, voire plus de nanas que ses amis.
75:59
qui était son frère, mais en fait, qui après, quand je l'ai eu au téléphone, m'a dit « mais en fait, je ne suis pas son frère, on est frère de cœur, mais on n'est pas vraiment frère, etc. » du faux frère, entre guillemets.
76:20
Vous débarquez là-dedans, vous êtes complètement perdu. Vous vous dites, c'est bizarre, parce qu'il ne semble pas être son frère, mais bon, il dit toujours que c'est son frère. Puis jusqu'au jour où...
76:33
La vérité sort et il me dit non mais en fait je ne suis pas son frère, je suis son frère de cœur, je ne suis pas vraiment son frère. Donc en fait il y a un accord tacite ou une entente avec parfois les gens de son entourage qui permet de noyer encore plus la personne qui le rencontre.
76:50
Mais c'est un piège en fait finalement ?
76:54
Tout à fait, tout à fait, mais à la limite c'est une expérience comme une autre, ça permet de se réveiller, ça permet de savoir à qui on a affaire, ça permet de grandir et puis d'essayer de ne pas refaire les mêmes erreurs.
77:08
Donc si je comprends bien, cet homme Mathilde, il avait un faux travail, il avait un faux frère, est-ce qu'il a des vrais enfants par exemple ?
77:17
Eh bien, je ne sais pas.
77:20
Est-ce qu'il dit de la vérité ou des fausses vérités ? Vous avez quel âge, Mathilde ? Vous avez quel âge ? J'ai 58 ans. 58 ans. Bon, j'imagine qu'il est à peu près dans votre tranche d'âge. Donc, il est censé... Enfin, souvent, quand même. Est-ce qu'il s'est inventé une famille ? C'est ça ma question. On peut ne pas en avoir. Mais est-ce qu'il s'est inventé une famille et des enfants ?
77:42
Je suis sûre qu'il y a un enfant qui l'a, ça j'en suis sûre. Qui est le sien ? Qui est le sien, ça c'est sûr. Et puis il m'a parlé de deux autres enfants, mais une fille, et puis un garçon, c'était des jumeaux, puis après c'était des jumeaux, et en fait ils étaient nés à peu de temps d'intervalle, donc ils considéraient que c'était des jumeaux, mais en fait c'était pas son fils, c'était le fils que sa femme avait eu avec son mari précédent, juste avant qu'ils se rencontrent.
78:13
Mais en fait, il le considère comme son fils parce que c'est lui qui l'a élevé.
78:19
Il y a un moment où vous vous dites, est-ce que sa fille, c'est sa fille, son fils, c'est son fils. Donc il y en a un où je suis sûr et le reste, je ne sais pas. Mais tout est approximatif.
78:27
Il s'arrange avec... Est-ce que vous pensez que c'est un mythomane ?
78:33
Oui, je pense qu'il s'invente une vie. Il s'invente une vie pour se rendre certainement intéressant, faire pleurer dans les chaumières parce que... Parce que quand il dit j'ai une fille, un fils, les deux sont décédés, c'est vrai que ça attendait des cœurs.
78:48
Ah, en plus il a joué avec la mort d'enfant éventuel.
78:53
Oui. Alors peut-être que c'est vrai. Il n'a pas de limite du tout. Oui, mais maintenant, est-ce que c'est vrai ou pas vrai ? Je ne sais pas. Je ne sais pas.
79:04
Mais vous vous dites, si c'est vrai, je suis vraiment mauvaise de lui en parler et de replanter le couteau dans la plaie, remuer le couteau dans la plaie. Et si ce n'est pas vrai, c'est un sacré salopard de me raconter et de jouer avec les sentiments d'autrui pour essayer d'attendrir les gens. Donc, à partir du moment où les mensonges ont commencé, qu'est-ce qui est mensonge ? Qu'est-ce qui est vérité ?
79:33
On ne sait plus. On est complètement perdus. C'est ça le piège, d'ailleurs. C'est qu'il instaure du flou absolument partout.
79:40
Oui, tout à fait.
79:41
Le tout, c'est de... Comme c'était quelqu'un d'intelligent, beau physiquement, qui correspondait à... Il y avait plein de critères qui me convenaient. En fait, j'étais quand même tombée amoureuse de lui. Le tout, c'est d'arriver à s'extraire de cet état...
80:02
de cet état pour essayer de surmonter les mensonges et de ne plus avoir une espèce de quête de vérité. Parce qu'en fait, il y a une espèce de forme de quête de vérité pour savoir ce qui se passe.
80:19
Oui, parce que vous, vous vous projetiez, Mathilde, avec lui, j'imagine, puisque vous êtes tombée amoureuse de lui. Donc, c'est logique que vous cherchiez une forme de vérité. La confiance, c'est quand même la base du couple ?
80:32
toutes les nanas avec qui il est sorti sont tombées rares dingues de l'île. Ou en tout cas, une bonne partie.
80:40
Comment vous le savez ? C'est lui qui vous l'a dit ?
80:42
Non, c'est son téléphone qui me l'a dit. Ah oui ? C'est son téléphone qui me l'a dit, ouais. J'ai fouillé, allons-y gaiement, la guerre comme à la guerre. Ah oui ? Donc, non, non. Donc, c'est un grand séducteur ? C'est un grand séducteur, ouais.
81:02
C'est la seule chose qui est réelle en fait, c'est sa capacité à séduire.
81:07
Et à mentir.
81:09
Et à mentir effectivement, ne sachant pas ce qu'est la vérité et ce qui ne l'est pas dans ce qu'il vous raconte finalement.
81:14
Je crois qu'il y a un moment où il se construit des mondes et en fait je crois qu'il y a un moment où il ne sait plus ce qui est la vérité de ce qui est mensonge.
81:22
Qu'est-ce qu'il a vécu dans son enfance ou qu'il vous a dit qu'il a vécu ?
81:28
Je pense qu'il n'a pas eu de cellule familiale, en fait. Ça, je le sais. Je pense qu'il a manqué d'une cellule familiale, de son père absent, sa mère absente. Je pense qu'il a manqué de cohésion familiale, de structure, peut-être d'amour, je sais, peut-être d'amour aussi.
81:51
Aujourd'hui, vous êtes toujours en contact avec cet homme, Mathilde, vous avez coupé les ponts, parce que vous avez dit tout à l'heure, il m'a choisi, donc quel type de choix fait-il cet homme aujourd'hui, si c'est un menteur pathologique, un mythomane ?
82:09
Alors là, je vais dire que j'ai un peu inversé la vapeur, parce que c'est vrai que j'ai été...
82:16
très profondément peinée et blessée de la situation quand j'ai su qu'on était qu'il y avait une autre femme et qu'il comptait ça m'a vraiment blessée parce que j'ai pas eu un coup de foot pour lui mais vraiment j'ai eu des sentiments assez rapides pour lui euh euh La quantité de mensonges a fait que les sentiments... Ce sont moindres ? Non, ils n'existent plus. Maintenant, je continue à rester en contact avec lui, à déjeuner avec lui de temps en temps, au devoir de temps en temps, mais il ne se passe rien et je le vois comme un ami.
82:57
Lui, pour après, il voudrait essayer de reconstruire quelque chose, mais c'est...
83:02
C'est cassé, en fait. Je pense qu'on peut reconstruire, quand on a vécu une grande histoire d'amour pendant plusieurs années, qu'il peut y avoir un accro au sein du couple. Et cet accro peut être pardonné parce qu'il y a une... Il y a eu une histoire d'amour, il y a eu des bases, il y a eu de la solidité pendant plusieurs années.
83:25
J'invite les auditeurs et les auditrices d'Europa à intervenir, s'ils le souhaitent, d'ailleurs sur ce sujet du pardon, quand il y a un coup de canif dans le contrat de mariage. C'est intéressant d'avoir le point de vue des auditeurs et des auditrices au 01 80 20 39 21 ce soir, s'ils souhaitent nous appeler.
83:42
Mais je pense que quand le coup de canif, il est dès le départ où il n'y a pas eu de construction, c'est cuit en fait.
83:50
Parce qu'il faut de la confiance, il faut de la sérénité pour construire une histoire d'amour. Et si on ne l'a pas dès le départ, c'est...
84:00
C'est trop tard.
84:02
Qu'est-ce qu'il vous dit qu'il vit aujourd'hui ? Il travaille ? Il continue de faire ses fausses photos ?
84:08
Qu'est-ce qu'il fait aujourd'hui ? Maintenant, il fait peut-être un autre faux métier. Il fait autre chose dans l'aviation. Je ne cherche même plus à savoir si c'est vrai ou pas. Ça ne m'intéresse plus, en fait. Ça ne m'intéresse plus. Parce que c'est vrai que quand on essaye de démêler le vrai du faux, ça consomme une énergie.
84:31
Et en fait, je ne veux plus. Je lui ai donné sa chance. Je lui ai ouvert mon cœur. Je lui ai ouvert ma maison. J'ai tout ouvert. Et en fait, il n'a pas su sauter sur l'occasion. Ce n'était peut-être pas son but non plus.
84:48
Donc je ne cherche même pas à savoir, ça ne m'intéresse plus, je l'écoute, mais ça rentre par une oreille et ça ressort par l'autre. Ça ne me pêche pas de passer des déjeuners avec lui sympathiques, mais ça s'arrête là.
85:00
Est-ce que la souffrance, Mathilde, a été à la hauteur de l'attachement et de l'amour que vous lui avez porté ? Parce que là, vous en parlez de manière un peu détachée, mais j'imagine que sur le moment, ça a dû être extrêmement compliqué, en plus d'être énergivore, comme vous nous le dites ce soir sur l'antenne d'Europe 1.
85:19
Oui, j'étais destructeur, mais oui, j'ai été très mal, surtout quand j'ai compris qu'il était parti avec une autre femme en vacances et qu'il me racontait des carabistouilles, comme on dit.
85:33
Heureusement que j'étais entourée par des amis parce que j'étais très très mal et j'ai été mal pendant plusieurs semaines. Même après qu'il ait quitté cette autre femme, il m'avait retourné le cerveau. Après, je suis rentrée en contact avec cette autre femme, on en a parlé. Elle était dans le même état que moi. Il avait réussi à... Il avait réussi avec des mots, de la tendresse, de la gentillesse.
86:04
Il arrive à se faire aimer, désirer. Il nous donne l'impression qu'on est unis, qu'on est son amour unis.
86:17
quand tout se détruit, en fait, elle était dans le même état que moi. Elle était la tête à l'envers, en fait.
86:28
Est-ce que vous vous êtes sentie coupable, Mathilde, de ne pas avoir été plus vigilante ou responsable, en tout cas, aussi, d'avoir ouvert votre maison un peu vite, peut-être, à cet homme ?
86:43
Non, parce que je le prends de manière positive, comme une expérience dont je me suis relevé.
86:51
Euh... J'ai fait l'expérience des réseaux pour la première fois. Je ne suis pas sûre d'y retourner parce que je pense pour moi en tout cas que ce n'est pas le biais par lequel je cherche à rencontrer quelqu'un. Mais je ne me suis pas sentie coupable. Je me dis que je suis face à des personnalités que je n'avais jamais rencontrées auparavant en tout cas.
87:16
dans mon intimité et que maintenant je sais que ça existe. Donc non, pas de culpabilité. Je prends ça comme une expérience.
87:24
Est-ce que vous l'avez signalé tout de même au site de rencontre ? Parce que vous, vous avez visiblement une estime de vous-même qui est quand même installée en tout cas, qui l'aurait pu entamer sérieusement. Ça n'a pas eu lieu visiblement.
87:41
Mais il arrive quand même après un veuvage, ce n'est pas évident, vous étiez fragilisé. Mais vous avez une bonne estime de vous, semble-t-il. Mais s'il sévit sur une femme qui n'a pas d'estime d'elle-même, il peut la ruiner, psychologiquement. Et peut-être même matériellement, d'ailleurs. Sur le site de rencontre, souvent, on peut signaler des abus. C'est un abus ?
88:06
Oui, mais c'est aussi à la femme avec laquelle il rentre en contact de savoir déterminer les limites de la relation qu'elle veut instaurer. Il n'est pas malveillant, en fait. Autant, ça m'est arrivé de dénoncer, entre guillemets, de voir des photos où c'était...
88:30
La même photo avec des noms différents. Ça, je l'avais signalé aussi, comme quoi il y avait des trucs faux, des profils qui étaient assez faux. Mais lui, il n'est pas malveillant. Il cherche des femmes qui, effectivement, sont en demande d'amour. Généralement, c'était ou des veuves ou des divorcées.
88:53
Et il essayait de refaire reconstruire. Est-ce qu'il essayait d'en avoir plusieurs tout le temps ou de refaire sa vie, mais avec une qui lui correspondait et de squatter chez elle ? Je ne sais pas. Mais en fait, ce qui m'a blessée, ce n'est pas son comportement avec moi, puisqu'il était adorable avec moi. C'était son comportement quand il n'était pas là. En fait, il rendait dingue les nénettes par son absence, par ses absences de messages, ses non-réponses aux appels, etc. Puisqu'il était avec une autre.
89:23
Donc les fêtes de fin d'année, sans vous, les anniversaires sans lui, enfin des choses comme ça ?
89:31
Alors, la première année, mon anniversaire sans moi, puisqu'il était censé être en voyage, même s'il était porte-besan, c'était beaucoup moins glamour, mais il n'est pas venu fêter mon anniversaire avec moi.
89:44
Le réveillon du 1er an du 31 sans moi, puisqu'il était parti en voyage. C'était un vrai voyage, mais pour une fausse raison, il n'y avait qu'une autre nana.
89:59
Il y en a eu deux. Et puis voilà. Et puis je me suis dit que plus jamais je me mettrai à pleurer le 31 décembre. Et aucun homme ne me fera pleurer le 31 décembre.
90:15
Mais on a l'impression que vous l'avez complètement pardonné de tous ces abus. Parce qu'on parle quand même d'abus. Et d'ailleurs au 7 39 21, on a un auditeur qui nous dit... Donc 7, 39, 21, 75 centimes plus coût du SMS. Cette personne nous dit pourquoi rester amie avec un menteur ? Comment peut-on parler d'ami, de quelqu'un qui nous arnaque sentimentalement ? On a Marie qui nous dit c'est tubuesque ce que sont capables de raconter ces personnages. On a Laurence qui écrit Mathilde, vous méritez beaucoup mieux et rien ne vaut la magie d'une rencontre due au hasard.
90:47
Laissez tomber les applications et bon courage à vous.
90:51
Mais moi, ce qui m'interpelle, c'est que vous ne semblez pas en colère.
90:56
Non, parce que je pense que c'est... D'abord, je ne suis plus en colère parce qu'il n'y a plus d'amour. J'ai été en colère, j'ai été très en colère. Et je pense que c'est quelqu'un qui a eu un départ difficile dans la vie. On n'a pas tous la chance d'avoir un bon départ dans la vie. Et je pense qu'en fait, il a été pénalisé par son manque de structure familiale.
91:25
Je fais une approche plus psychologique. Je pense que ce mec-là, il est perdu, mais je pense que ses parents sont responsables de sa perte. Il est responsable de ses actes, bien sûr, et de son comportement, mais pas seulement.
91:42
Et en fait, c'est vrai que... Ce n'est pas pourquoi. Parce que je ne suis pas rancunière. De manière générale, je n'ai pas de haine. S'il peut trouver un équilibre, je lui souhaite de trouver un équilibre. Et je me souhaite de rencontrer quelqu'un. Je ne tomberai plus jamais dans ses griffes, ça je le sais.
92:06
Je pense que c'est un pauvre mec et je ne lui veux pas de mal. Même s'il m'en a fait. Il m'en a fait pendant une période. Maintenant, je n'ai pas passé dix ans de ma vie avec lui. Ma vie ne s'est pas écroulée pour certaines femmes dont le mari les quitte. Je suis autonome.
92:25
J'ai un métier, j'ai une famille, j'ai des enfants, etc. J'ai un amoureux qui m'a rendu chèvre. Donc moi, j'ai une structure que lui n'a pas.
92:39
Moi, je vous trouve très indulgente tout de même, dans vos mots, parce que ce n'est pas parce qu'il a souffert petit que ça fait forcément des individus qui abusent d'autres personnes, et surtout des femmes qui sont en situation de fragilité, vous voyez ? Je vous trouve extrêmement indulgente. Ce qui est plutôt à votre honneur, parce qu'au moins vous ne vous empoisonnez pas avec la colère, hein ?
93:04
Oui, parce que la colère, ça... Ça mine.
93:07
Ça mine et c'est une mauvaise énergie à l'intérieur de soi.
93:10
C'est une mauvaise énergie. Et je veux rester que dans des bonnes énergies et être constructive. Donc j'essaye de voir toujours le... Le verre à moitié plein.
93:19
Oui, oui. Exactement.
93:21
c'est comme ça j'ai perdu quelques mois de ma vie quelques larmes aussi quelques larmes j'imagine aussi plus que quelques larmes mais c'est pas grave après c'est moi qui l'ai largué on va dire qu'il y a une petite vengeance quand même
93:41
de toute façon il est toujours dans votre vie visiblement même s'il n'y a plus l'emprise même s'il n'y a plus tout ça il a réussi à se faire une petite place
93:52
Non, il n'a pas réussi à se faire une petite place. Je le vois une fois de temps en temps. Je l'ai au téléphone régulièrement, mais il mène sa vie. Il dort chez son frère, entre guillemets. Son faux frère ? Son faux frère. C'est ça. Il va chez ses amis, etc. Il mène sa vie comme il l'entend. Et voilà, je le vois de temps en temps. Je le vois le temps d'un dîner. Et puis, en fait, quand je l'ai vu le temps d'un dîner... Comme je pense qu'il y a tellement de mensonges encore qui sont sortis, au bout de deux heures, j'en peux plus, j'ai besoin qu'il évacue.
94:29
Donc, le temps d'habiter me suffit.
94:32
Alors, il y a Jean-Luc qui pose la question au 7 39 21 75 centimes plus que du SMS. Quel est l'intérêt de Mathilde de continuer à déjeuner avec lui ? J'espère au moins qu'il vous invite quand même. Ça, c'est moi qui le rajoute. Il m'invite. Mais c'est quoi l'intérêt, comme dit Jean-Luc ? C'est vrai, c'est quoi l'intérêt avec quelqu'un qui vous a tant menti ?
94:51
C'est pas gentil ce que je vais dire.
94:58
Je crois qu'il y a une forme de piqué.
95:01
Ouais, j'ai piqué de lui, en fait. Je crois que c'est ça. Est-ce que lui, il a changé son attitude ? Maintenant que vous avez découvert le poteau rose, est-ce qu'il essaye d'être un petit peu vrai ? Ou il n'est pas du tout en capacité de l'être ?
95:14
Je pense qu'il essaie, mais je ne sais pas si c'est vrai ou pas.
95:16
Oui, c'est ça, on ne saura jamais avec quelqu'un comme ça.
95:18
Je ne veux même pas savoir, je le vois de manière très superficielle et je ne veux pas savoir.
95:25
Marie nous dit aussi au 73921, celui que j'ai rencontré détient la palme d'or en mythomanie, en manipulation et j'ai tout stoppé d'un seul coup. Ça c'est Marie. Et on a Elisa qui vient de composer le 01 80 20 39 21, c'est le numéro de notre standard qui n'est pas surtaxé. On va accueillir Elisa, elle souhaiterait interagir avec nous. Bonsoir Elisa ! Bonsoir. Merci d'être avec nous sur l'antenne d'Europe 1 dans la Libre Antenne. Vous êtes pour notre compagnie avec Mathilde, dont vous écoutez Lisa.
95:55
Bonsoir. Oui, alors moi j'ai pas... Bonsoir Mathilde, bonsoir aux auditeurs. Bonsoir Lisa. En fait, j'ai écouté l'émission en cours, je suis montée dans ma voiture et voilà, j'ai écouté, j'ai entendu...
96:09
À partir du moment où il était question de mythomanie, de mensonge, dans une relation, et que Mathis disait qu'elle était un peu tombée des nues, de voir qu'il y avait d'autres filles ou une autre fille. Je n'ai pas tout entendu. Et j'ai entendu l'appel à témoins concernant le pardon en cas d'infidélité dans le couple. Oui, oui.
96:35
Du coup, voilà, j'ai appuyé. Alors, quel est votre point de vue, justement ? Oui, je posais la question aux auditeurs et aux auditrices d'Europe 1 pour savoir si on peut pardonner. Parce que là, par exemple, Mathilde, elle a tout pardonné à ce monsieur qui a menti quand même du début à la fin et des mensonges plus gros les uns que les autres. Et en plus, qui a eu au minimum une double vie.
96:57
Aïe, aïe, aïe.
96:58
Alors, comme les autres auditeurs, je me questionne sur le pourquoi rester en lien encore avec lui, vu que l'idée, ce n'est pas de continuer la relation. Mais j'imagine qu'elle est intéressée par ce qu'il est. Il y a des choses qui lui plaisent encore chez lui et qui fait qu'elle entretient ce lien. Enfin, j'imagine...
97:18
Moi, me concernant, c'est parce qu'on s'est mariés, on avait un enfant qui, à l'époque, avait deux ans et demi. Et quand je l'ai découvert, je suis tombée des nues parce que c'est un homme en qui j'avais une grande confiance.
97:42
Et même s'il y avait plein de petits soucis, je me disais, au moins il est fidèle, au moins il est fidèle, au moins il est fidèle. C'est quelque chose sur lequel je m'accrochais pour me dire, même s'il y a plein de choses qui ne vont pas, au moins il est fidèle.
97:53
C'était votre valeur numéro un, la fidélité. D'autres personnes, c'est la sécurité, d'autres personnes, c'est l'intégrité. Vous, c'était la fidélité.
98:02
Voilà. Et puis, parce que je me disais que ce n'était pas si évident que ça, de trouver quelqu'un de fidèle.
98:09
Et puis, au final, bon, voilà, il n'a pas été. Et puis, ce qui m'a fait plus mal au-delà de la fidélité, ce sont les mensonges. Parce que c'est une... Enfin, je ne veux pas dire que c'est une amie en commun. C'était d'abord une amie à lui, mais qui m'a présentée, du coup. Et des fois, on allait manger chez eux, mais elles faisaient des allusions bizarres.
98:31
Et un moment, je lui ai dit, mais on dirait qu'elle se drague, cette meuf. Il me dit, ben non, elle est comme ça, on rigole. Enfin, il a toujours minimisé ce que je disais.
98:44
Et puis quand je lui ai dit mais franchement moi j'aime pas du tout l'attitude qu'elle a avec toi parce qu'elle disait des choses du genre ah c'est dommage que t'es pas un frère jumeau t'es trop bien devant moi quoi.
99:00
Et comment vous avez découvert que finalement ils étaient ensemble ?
99:05
J'ai découvert qu'il y a quelque chose qui se tramait parce que c'est par le portable. Un texto... Il y avait plusieurs textos douteux. Et puis, à un moment, j'ai trouvé un texto de mon mari. Donc, on a été mariés depuis trois ans à ce moment-là. Où c'était écrit... Je t'avais dit d'écrire d'abord coucou. Et si je réponds, alors là, tu peux me dire ce que tu as à me dire et pas écrire directement. Et elle avait écrit directement un tas de trucs...
99:34
Tu me manques, j'ai hâte qu'on se retrouve, qu'on puisse faire ça, ça, ça. Enfin bref, c'est un message assez explicite. Mais c'est surtout, j'avais déjà trouvé des messages bizarres. Elle me disait, c'est elle, elle se fait des films sur moi et tout ça. Mais c'est surtout sa réponse à lui qui était du coup douteuse. Et c'était quoi sa réponse ?
99:55
Ce que je viens de vous dire, je t'ai déjà dit d'écrire coucou. Et si je réponds, alors là, tu peux me dire ce que tu as à me dire. Ah oui, donc c'était les codes entre eux pour ne pas que vous découvriez ce qui se passe. Effectivement, oui. Et j'en parlais avec un ami de mes doutes. Et je disais, mon mari ne sait pas recadrer les filles qui se draguent. Je ne sais pas si c'est parce qu'il n'a pas confiance en lui et que ça le rassure, etc. Et il m'a dit, moi, je pense qu'il sait très bien les recadrer et peut-être qu'il n'a pas envie.
100:25
Et alors là, ça m'a mis une petite araignée dans la tête. Et puis au final, il avait raison. Et puis finalement, quand j'ai découvert ça, je l'ai questionné, j'ai creusé. Il m'a menti pendant deux jours. Et finalement, j'ai dit, bah écoute, je vais l'appeler. Il a dit, non, non, non, l'appelle pas. J'ai dit, bah si, il a dit non. J'ai dit, bah appelle là devant moi alors. Et puis finalement, il m'a avoué qu'il s'était passé quelque chose entre eux.
100:53
Et ça a duré longtemps ?
100:55
Alors, je pense qu'ils se sont cherchés pendant plusieurs mois, mais en tout et pour tout, ça a duré un an, mais ils ne se sont pas vus souvent. De ce que je sais, ils n'ont couché ensemble plus une fois, ils ont sorti ensemble deux fois, et après, il y a eu tout un tas de temps où ils se sont branchés, ils se sont fait des bisous au creux de la bouche pour dire bonjour, des choses comme ça, que quand je n'étais pas là ou quand je ne voyais pas, quoi.
101:22
Alors Elisa, je vous propose de rester avec nous sur l'antenne d'Europe 1 pour qu'on poursuive votre récit juste après le flash de Maëlle Laurent. Et Mathilde, je vous remercie d'avoir témoigné de cette histoire, de cette triste histoire quand même sur les applis de rencontres parce que vous incitez les femmes et les hommes qui y sont à redoubler d'intentions quand même.
101:45
Tout à fait, merci de m'avoir écoutée.
101:48
Avec grand plaisir, merci beaucoup et je vous souhaite évidemment l'homme de votre vie.
101:55
Merci à vous, Mathilde.
102:08
Valérie Darmont.
102:37
Europe 1, la libre antenne. Valérie Darmon.
102:44
Bonsoir Claire. Oui, bonsoir. Que puis-je faire pour vous ? Dites-moi. Merci à vous aussi. Avec grand plaisir. Je vous écoute Claire. Quel est l'objet de votre appel ce soir ?
102:54
Je souhaitais parler d'une certaine personnalité qui aujourd'hui, avec le recul maintenant, je m'aperçois qu'elle...
103:07
Elle s'amplifie, c'est-à-dire une personnalité toxique.
103:12
Oui, alors quand vous me dites « elle s'amplifie », alors vous nous parlez de qui ? Qui a cette personnalité toxique ?
103:20
La personnalité avec laquelle j'ai vécu et j'ai fondé ma famille pendant 17 ans, tout de même.
103:29
D'accord.
103:30
Donc j'ai eu deux enfants.
103:32
Oui ?
103:35
Vous êtes toujours avec cette personne ? Avec cet homme peut-être ? Non, absolument pas. Alors, qu'est-ce qui vous fait dire que c'est une personnalité toxique ? Comment ça se matérialisait au quotidien ? Cet amour toxique ?
103:47
Alors, déjà, lors de notre rencontre, comme beaucoup de gens, j'espère, ont pu le voir sur des émissions de télévision qui datent, on parlait déjà de ce genre de personnalité vis-à-vis déjà des femmes battues, où il y avait des émissions quotidiennes, pas quotidiennes sur ce sujet, mais sur divers sujets qui étaient très populaires, dont j'ai oublié le nom de l'animatrice.
104:25
Je suis vraiment désolée. C'est pas grave. Bon, voilà. Et oui, il s'est avéré que...
104:37
On prenait ça, à l'époque, peut-être à la légère. Oui, c'était juste une info qu'on donnait comme ça et tout ça. Mais aujourd'hui, oui, c'est récurrent.
104:48
On en parle beaucoup plus.
104:49
Oui, c'est assez récurrent. Et ça monte crescendo. Moi, je n'ai pas été concernée par ça. Mais dans la violence. C'est-à-dire que maintenant, ça va vraiment beaucoup plus loin. Mais ce n'est pas le propos de mon... Vous savez quel âge, Claire ?
105:04
Je ne vous ai pas posé la question.
105:06
Aujourd'hui, 52 ans. 52 ans. Quand vous avez quitté cet homme, vous aviez quel âge ? C'est pour à peu près situé dans le temps. Oui, 38-39.
105:14
Je crois 39 presque.
105:19
D'accord. C'est vrai qu'à une époque, on ne parlait pas du tout. Là, vous parlez d'emprise psychologique un petit peu. C'est ça. Vous dites toxicité dans le couple. Vous êtes restée 17 ans.
105:29
Je ne m'en rendais pas compte en fait.
105:36
On ne s'en rend pas compte. On sent un mal à l'aise. Bon, après, c'est par rapport à l'histoire aussi. Parce que j'ai été suivie, bien heureusement, après.
105:51
Suivie par un thérapeute, vous voulez dire ? Ah oui, après. C'est après que vous avez compris ce qui se jouait lorsque vous étiez avec lui ?
106:00
Oui. Oui, parce que sur le moment, vous vous sentiez coupable et responsable de ce qui se passait, c'est ça ?
106:06
Tout à fait. Mais à un moment donné, j'ai dû prendre une décision parce que je voyais... Comment vous expliquez ça ? Une façon de vivre qui l'imposait à la famille. C'est-à-dire ?
106:26
Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
106:28
Alors, c'est-à-dire...
106:30
Je vais aller vraiment rapido.
106:34
On a le temps, on n'a pas de format dans la Libre Antenne d'Europa. On peut se parler.
106:39
Ce qui a révélé le truc où j'ai dit stop, c'est que mes deux filles, on a eu deux filles toutes les deux, elles étaient obligées d'avoir un casque sur les oreilles à l'époque pour écouter leur série préférée.
107:00
Parce que vous criez trop l'un sur l'autre ou l'un avec l'autre ?
107:03
Absolument pas. On vivait dans une famille très silencieuse. On ne criait jamais. Dans notre couple, il n'y avait pas de cri.
107:14
Il n'y avait jamais rien. Alors pourquoi elles étaient obligées de mettre un casque sur les oreilles ? Pour qu'il n'y ait pas de bruit ?
107:20
Oui, parce que dès qu'ils haussaient la voix, c'est un tremblement de terre en moi, quoi.
107:30
C'était la dictature, vous voulez dire ? À la maison ?
107:34
Oui. Vous avez tout à fait trouvé le mot.
107:37
Il imposait ses règles. Alors, il y avait le règle de mettre les casques sur les oreilles parce qu'il ne voulait pas entendre une mouche volée.
107:41
Non, non, non. Ce n'est pas lui qui l'a fait. C'est moi qui ai trouvé la solution. Donc, vous voyez, c'est... Ah oui, ah oui. C'est beaucoup plus pervers que ça.
107:52
Vous comprenez le chemin. D'accord.
107:54
Oui, ça s'est fait sur plusieurs années, vous comprenez.
107:57
Qu'est-ce qu'il y a eu d'autre, par exemple ?
108:00
Ça, ça m'a marquée. C'est ce qui a fait que, voilà, un samedi matin, il y a eu l'école, un samedi matin. Ça remonte, je ne peux pas vous dire l'année. Mais les enfants ont eu de nouveau l'école le samedi matin. Je ne sais pas si c'est le cas chez vous, parce que moi, je suis dans l'océan indien. Oui ?
108:24
Et donc, il y a eu l'école de nouveau le samedi matin. Ça a duré deux, trois ans ou quatre ans peut-être. Un petit peu moins peut-être. Enfin, je n'ai plus la notion. Et du coup, ça a décalé le week-end de monsieur. Maintenant, je me permets de parler de cette manière. Et ouais, mes filles, midi, elles mangent, elles rentrent. Elles ont envie de s'amuser. Elles sont dynamiques. Elles sont...
108:55
Voilà, parce que moi, je l'ai inculquée, mais je suis très joyeuse. J'étais très joyeuse comme maman et tout ça. Malgré, voilà... Les difficultés dans le couple ? Ce n'est pas la difficulté, c'est la distance qu'il y avait dans le couple. On n'avait pas de conflits...
109:17
Il était indifférent ? Claire ? Enfin, il feignait l'indifférence. Est-ce qu'il vous humiliait, par exemple, ce monsieur ? Ou est-ce qu'il vous dévalorisait ?
109:30
Oui, avec le recul, je peux me permettre de vous dire oui. C'est quand j'ai commencé à... Ce n'est pas une histoire d'émancipation, mais...
109:42
Rebellion. C'est-à-dire que j'ai compris de suite, en fait, il a instauré des choses dans notre couple. J'ai tout eu avec lui.
109:53
Dès le début, c'est ça qui est flagrant. La reconnaissance, être aimé, mais très court. Tout ça, c'est toujours très court.
110:09
Toujours, parce que je me suis informée depuis.
110:11
Donc c'était juste le temps de souffler le chaud pour souffler le froid derrière.
110:16
Voilà, mais quand vous avez le froid qui arrive, vous êtes sidéré, ou pas, ou autre chose, peu importe. Ça fait un truc. Là franchement, il y a un truc qui se passe, beaucoup de remises en question, et monsieur continue sa vie, comme si de rien n'était.
110:39
Alors que dans votre tête, ça cogite, ça truque. Et là, vous êtes déjà tombée dans le piège, en fait. Oui, parce que vous, vous êtes tombée amoureuse. Sans savoir. Oui, amoureuse, c'est un grand mot aujourd'hui, hein. Amoureuse sous l'emprise, moi, j'appellerais ça.
110:59
Je suis tombée amoureuse de son emprise. Oui, bien sûr. Oui, vous étiez une victime consentante, en fait.
111:05
Oui, parce que tombée amoureuse, on est d'accord, vous tombez amoureuse d'un être, de valeur, etc. Mais après, évidemment, on tombe amoureuse.
111:14
Non, mais c'est ce que vous avez cru à l'époque, puisque vous avez fait deux enfants. C'est ce que vous avez cru. Vous avez cru être amoureuse de lui.
111:20
Non, non, non, c'est de suite, avant les enfants.
111:24
C'est quand vous parlez de tomber amoureux. Oui, on tombe amoureux, tout le monde tombe amoureux. Mais il y a un moment donné où, pof, il y a un truc violent. Et moi, maintenant, je peux le formuler de cette manière. Le truc violent, vous n'allez pas rentrer dans le déni, pas dans le truc, vous le savez. Mais voilà, il y a quelque chose qui est plus fort que vous.
111:53
parce qu'il y a une mise en scène, vous rentrez dans une mise en scène sans l'être. J'espère que tout le monde comprendra ce que je dis, mais... Et cette mise en scène-là qui est mise en place par lui, parce que vous êtes manipulé depuis le début, en fait, sans savoir. Et après, à un moment donné, il fait son truc, parce que oui...
112:22
La sérénité, ce n'est pas fait pour lui. Cette personnalité, quand je dis lui, je ne parle pas de mon ex-mari, je parle de cette personnalité, ce n'est pas fait pour lui. Je ne l'excite pas, je ne sais pas, c'est très complexe.
112:37
Est-ce qu'il était comme ça aussi avec les autres ou qu'avec vous ? Parce que vous, vous étiez sa victime préférée, bien sûr.
112:42
Absolument pas, c'était qu'en famille, figurez-vous.
112:45
Donc dès que la porte se fermait, on avait affaire à un autre homme ?
112:47
Ce que je me suis rendue compte...
112:52
très rapidement, mais vous savez pourquoi ? Parce que j'ai rencontré en métropole, via site de rencontre, mais à l'époque c'était via, ça remonte, c'était quoi le truc ? Des annonces qu'on avait sur des magazines, qu'on achetait dans les librairies.
113:18
Oui, zéro, je ne sais pas quoi. Oui, c'est ça, le journal des petites annonces. Et là, on est qu'en 96. Il y avait ça, il y avait le Minitel. C'était les deux choses.
113:28
Exactement, on est en 96. Donc, on passait par ce biais qui coûtait très cher, mais peu importe.
113:36
C'est complètement vintage quand on voit Minitel aujourd'hui.
113:38
Tout à fait, oui, tout à fait. Mais voilà, c'était le...
113:47
le ciment, le socle, les fondations des sites de rencontres. Donc, les gens de ma génération connaissent ça, qu'ils sont passés par là. Et voilà, et puis après, vous avez, au bout d'un moment, la personne au téléphone, vous l'avez vraiment au téléphone, et donc, du coup, on payait juste notre communication téléphonique, à la minute, pas au forfait.
114:09
Ah oui, à l'époque, c'était cher, d'ailleurs.
114:12
Oui, c'était beaucoup... Et plus vous discutiez, plus... Ah oui, oui. On était arrivés parfois à 2 000 francs.
114:21
Oui, de factures de téléphone. Je me rappelle très très bien ce temps-là.
114:25
Ah, et 2 000 francs, vous imaginez, c'est 300 euros aujourd'hui. Juste pour discuter au téléphone.
114:33
Donc beaucoup de téléphone entre vous deux.
114:36
Oui, oui. Avant que je prenne l'avion...
114:41
Et que je le rencontre physiquement, vraiment. Mais c'était une autre époque, il faut avouer tout ça. Et oui, moi, en tous les cas, c'est une génération féminine qui fonctionnait énormément sur la confiance.
114:59
Oui.
115:01
Vous traversez quand même le monde entier, vous partez de l'océan Indien pour venir rencontrer quelqu'un en France que vous avez rencontré soit par petite annonce... Oui, j'avoue, mais ça valait le coup.
115:11
J'étais très jeune, j'avais que 21 ans et demi. Mais vu mon histoire, j'ai perdu ma maman à 10 ans, un papa très travailleur, immigré, des valeurs, énormément de valeurs, sans contrainte, sans rien...
115:31
Mes parents étaient musulmans. Ils n'ont jamais inculqué la religion musulmane. Ça n'a jamais été imposé. Ça ne faisait pas partie du déjeuner du matin. Jamais. Comme dans une famille athée. C'est ça qui est extraordinaire. Alors sûrement, ils avaient leurs difficultés qu'ils ne nous montraient pas parce qu'il y avait beaucoup de pudeur. Je m'en aperçois aujourd'hui.
115:54
Il y a de protection des enfants aussi. Ils ne parentalisaient pas les enfants.
115:59
énorme, parce que eux, ils avaient leurs croyances. Mon père, quand il est décédé, était musulman, ma mère aussi. Ils faisaient leurs prières et tout ça. On le savait, mais on ne nous a pas imposé ça. Vous avez combien de frères et sœurs, Claire ? Un seul, un seul frère. Ma mère est décédée, comme je l'ai dit précédemment, très jeune. Petite, donc vous étiez deux.
116:23
Et vous avez vécu avec votre papa, après ?
116:26
Oui, voilà.
116:27
Papa...
116:28
La DAS, on a fait un séjour rapide, mais à l'époque, parce qu'ils ont eu la maladresse de nous oublier une fois à la sortie de l'école. Donc du coup, moi, comme j'étais la plus âgée qui était au CM2, mon frère était en CP.
116:45
La nuit, elle est tombée. Et je connaissais le chemin de la maison pour rentrer à la maison. Évidemment. Si on était à la DAS, c'est parce que maman était décide d'un accident.
116:58
et que je connaissais le chemin. Et mon père a été surpris en rentrant de son travail de nous trouver à la maison. Vous faites quoi ici ? On est venus là parce que le bus n'est pas venu. Il est monté à la DAF, la ZEU aujourd'hui. Il a fait un scandale. Franchement, aujourd'hui, c'est mémorable parce qu'il n'y avait pas toute cette politique de merde, tout ce qui est venu avant.
117:33
Moi, je mets ce mot-là, mais c'est peut-être autre chose, je n'en sais rien. Et vous voyez à l'époque, un papa qui arrive et qui dit, c'est inamissible, vous avez oublié mes enfants, ils ont pu être en danger. Vous savez là quoi ? Mais moi, là maintenant, je les prends et je les ramène chez moi.
117:51
Et il a pu le faire. Aujourd'hui, ce ne serait pas possible. Oui, il a pu le faire.
117:56
Il n'y a pas eu le juge. Il n'y a pas eu rien. Aucun truc. Aucun rien du tout. Aucun rien du tout. Pourquoi je vous dis ça ? Même si j'avais que 10 ans à l'époque. Parce que les courriers, c'est moi qui les ouvrais. J'avais accès. Mon père me faisait confiance.
118:16
Je ne sais pas comment vous expliquer. J'ai...
118:19
C'est extraordinaire qu'à l'époque, quand vous n'êtes pas content d'une institution qui a fauté un grave, vous gueulez sur les gens qui sont devant vous, je ne sais pas qui il y avait dedans, vous prenez vos gamins et vous partez. Et le monsieur ne finit pas en prison.
118:37
C'était un autre monde.
118:41
C'était la DAS.
118:42
Aujourd'hui, la ZE, c'est une autre histoire.
118:45
C'est certain, puisqu'on entend les histoires sur la ZE tous les soins dans la Libanthènes.
118:49
Imaginez mon papa qui, aujourd'hui, vous voyez les histoires que je vous dis, mon père aurait eu la même réaction.
118:56
Vous voyez les conséquences qui auraient eu lieu ? Vous aurez vu en milieu sécurisé une fois par mois, deux heures.
119:01
Il a bien fait de nous sortir de là. Parce qu'il avait confiance.
119:08
Il sait qu'on est rentré. L'école était vraiment à 200 mètres de la maison, franchement. Mais il n'a pas accepté ça, en tant que père.
119:18
Il vous a protégé, en fait. Non, ce n'est même pas ça. Il ne vous a pas laissé dans une institution qui vous oublie, surtout. Ce n'est pas ça. Il n'a pas accepté cette faute. Oui, donc il protège ses enfants.
119:31
Comme lui. Comme un parent qui oublie son enfant à l'école.
119:37
Ce n'est pas...
119:39
Claire, revenons donc à cette rencontre avec cet homme. Vous traversez le monde entier, la moitié du monde, pour rejoindre cet homme que vous avez rencontré sur le Minitel ou par petites annonces. Et là, il se passe quoi alors ?
119:49
Après une longue conversation au téléphone.
119:52
Bien sûr, bien sûr.
119:57
Et il se passe quoi à ce moment-là ? Je vais là-bas. Je fais l'expérience de vivre avec lui. À l'époque...
120:08
À l'époque, je ne sais même pas comment vivaient les Français là-bas. Je ne sais pas, parce que je suis en métropole. Donc moi, je marche à mon instinct, tout ça. Ils me reçoivent super bien. Je dors sur le canapé, ça dure trois semaines. Et après, il y a le moment du retour. Parce que forcément, j'aime bien aller et retour. Il faut que je rentre chez moi, avec mon chat en plus.
120:39
que j'ai amené avec moi.
120:41
Et il vous laisse partir ou pas ?
120:45
Là, on va à une soirée et sur le retour de la soirée à pied, je ne sais pas, il me dit un truc que je suis incapable de vous dire aujourd'hui, donc je pense que ça fait partie peut-être de mon trauma. Et c'est là que ma vie a basculé dans ma tête. C'est-à-dire que j'ai été...
121:08
ça a mis la balance. Je fais quoi ? Je fais des trucs. Je vais le perdre. La panique. J'étais en panique. J'avais un travail là où j'étais. Je construisais quand même une vie professionnelle, même en tant qu'ouvrière.
121:23
Ce qui était énorme.
121:25
Donc vous vous êtes sentie clivée, complètement clivée à l'intérieur à ce moment-là, entre l'envie de rester avec lui et l'envie de rentrer chez vous.
121:34
Et retourner chez mon frère et mon père.
121:37
Oui. Oui, parce que vous avez 21 ans.
121:38
Parce que ce n'est pas évident ce qu'on a vécu.
121:43
C'est ma famille, eux aussi. Bien sûr, vous êtes proche forcément avec les épreuves de la vie.
121:48
Voilà, et depuis l'échec de la DAS, depuis mes 11 ans, on ne vivait que tous les trois. Oui, et proche les uns des autres.
121:59
Avec un papa référent en plus, un papa repère.
122:04
Oui, qui travaillait beaucoup. qui m'a responsabilisée, petit à petit, pour le soulager. Maintenant, je m'en rends compte. C'est même pas pour le soulager. Voilà, c'était comme ça.
122:18
Alors, vous choisissez quoi, à ce moment-là, quand le carrefour de la vie se présente ?
122:24
J'en parle à mon frère, parce que ma référence aussi fait mon frère. C'est mon frère, en fait. Et mon frère m'a dit, oui, il n'avait que 16 ans.
122:36
Il m'a dit, oui, je comprends ce que tu vis. Vas-y, vis. Tu le sens, vas-y. Écoutez. Je dis, écoutez.
122:48
Vous avez fait deux filles.
122:49
Non, je serai revenue. Je serai revenue. Comme vous le dites, amoureuse, même si je n'aime pas ce terme. Moi, je dirais plus sous l'emprise.
123:02
Et voilà. Mais vous avez fait deux filles, même avec cet homme.
123:07
Oui. Aujourd'hui, comment ça se passe avec vos filles ?
123:12
Alors, la dernière bien, parce que j'ai pu la sauver.
123:16
Parce que quand vous êtes partie, vous avez emmené les filles avec vous ?
123:23
Non, non, on s'est séparés, mais nickel, tranquille.
123:27
Ah oui, d'accord, il a accepté la séparation, il a tout accepté. Oui, d'où la perversion, bien sûr. D'accord.
123:38
Et le mode de... Quel âge avait les enfants à ce moment-là ?
123:42
Très jeune. Une 14 ans, ma première. Donc, papa ne s'est jamais occupé. Le papa était handicapé aussi. Vous voyez, le handicap, c'est... C'est... Dans ce genre de personnalité, et vous le savez, parce que vous avez étudié le cas, c'est les pires Donc, moi, j'ai eu affaire au pire. Lui, cette personnalité, plus le handicap.
124:18
Donc, sociétalement, ouah, mais très bien vu, reconnu par l'État. Il était aveugle. Hum.
124:37
Vous savez ce que touche un aveugle en France ?
124:42
Non, je ne connais pas le MDPH. Non, non, pas du tout. Je ne sais pas.
124:46
Vous ne connaissez pas un aveugle, parce que c'est spécifique via la loi de Simone Weil, qui remonte bien lui en face. Franchement.
124:58
Alors, revenons à vos filles. Donc, comment vous vous répartissez ?
125:01
Non, non, mais je vous explique.
125:02
Je vous explique les aveugles.
125:04
Oui, oui.
125:07
Aujourd'hui, ils sont aveugles, je le conçois. Mais il y a tout... Alors déjà, le minimum, c'est 2200 euros nets d'impôts. Tout compris. Il y avait les taxes d'habitation à l'époque, ils en étaient exonérés. La taxe de l'audiovisuel, ils en étaient exonérés. Et la conjoncture, ils n'étaient qu'à 1900 à l'époque. Euro, hein. Aujourd'hui, c'est 2200 euros il n'y a plus de taxe d'habitation, il n'y a plus de tout ce que...
125:42
C'est 2200... Non, mais il faut que je vous dise des trucs. Un aveugle, aujourd'hui, c'est 2200 euros net sur son compte bancaire et la cerise, mais qui date de 1975, c'est qu'il n'a pas à justifier qu'il embauche, qu'il n'embauche pas. Par contre, vous êtes en fauteuil roulant, Ah bah oui ! Ok, tu touches 1000 euros d'AAH, ce que touche l'aveugle, mais tu vois la compensation du conseil général, du département, il faut que tu justifies.
126:24
Pas l'aveugle. Là, il faut ceux qui vont m'écouter, mais tout ça, je dis quoi ? C'est que ça lui a donné encore plus de pouvoir. Plus de pouvoir, oui, plus de puissance. Bah évidemment !
126:37
Il a 2200 euros aujourd'hui. Mais à l'époque, on vivait avec 1800... Vous imaginez ? Un couple qui vit avec 1800 euros nets d'impôts. À l'époque. Allô, allô ?
126:56
Alors, revenons donc à vos filles, au mode de garde. En couple, en couple. Alors, les filles, elles vont où à ce moment-là ?
127:06
Alors, à ce moment-là, elles sont avec moi.
127:08
Oui.
127:09
Voilà. Ça se passe comme ça se passe. On fait beaucoup d'allers-retours chez le papa. D'ailleurs, comme il est aveugle et qu'on s'entendait super bien, moi, c'était juste stop, là. C'est bon. Et pourquoi mon stop ? Alors, mon stop, pourquoi ? Parce que trois ans auparavant, ce stop, j'avais des menaces.
127:36
parce qu'il y avait une petite forme de rébellion chez moi. Petite, hein ? Oui, ce que tu me dis, j'aime pas. Ah, ça monte dans les tours. Ben oui, c'est le chef. C'est lui qui a l'argent, c'est lui qui a tout. Il est apprécié de tout le monde. Où qu'il sorte, waouh ! Mais tout le monde, il est... Comment on dit ça chez nous ? À terre.
128:01
Hum-hum.
128:04
Alors déjà, le handicap à l'époque, l'intelligence, la gentillesse, mais on peut tous être comme ça.
128:13
Vous voyez ce que je veux dire ? En tout cas, le piège était bien refermé.
128:19
Pire que bien, mais on ne s'en rend pas compte.
128:23
Donc, les filles sont avec vous ?
128:26
Et vous faites beaucoup d'aller-retour chez le père. Et après, comment ça se passe ?
128:29
Oui, chez le père, parce que j'ai aidé à son installation, trouvé le logement aussi.
128:34
Vous êtes restée très gentille avec lui tout de même, oui.
128:38
Par rapport à mes enfants, parce que je voulais la proximité. Il voulait un logement qui était dans les hauts. Et moi, j'ai dit oui, mais le trajet en bus, c'est pas grave, on s'est débrouillé, tout ça là.
128:53
Avec tout ce qui nous tombe sur la tête, ce n'est pas possible. C'est moi qui gérais tout le quotidien aussi. J'ai oublié de préciser. Depuis toujours. Les finances, les papiers, les impôts, les docteurs, le kiné, tout, tout. C'est moi qui gère. Mais évidemment, je ne travaillais pas. Pourquoi je ne travaillais pas ? Mais j'ai travaillé à un moment donné.
129:22
Là, quand vous partez, vous êtes obligée de travailler tout de même, peut-être, Claire, non ? Pour gagner votre vie. Comment vous avez fait ?
129:28
Non, je ne travaille pas et c'est ça qui me bloque pendant plusieurs années, justement.
129:32
Oui, pour partir. Une fois que vous êtes partie, vous avez travaillé ?
129:38
Oui, j'ai été obligée.
129:40
C'est ça, voilà.
129:42
Mais je ne serai jamais restée 17 ans parce qu'avant même la naissance de ma deuxième fille, elles ont juste 5 ans d'écart. J'ai fait des démarches au niveau d'une assistante sociale. Il n'y aurait rien, tout se passait bien, mais il y avait déjà un mal à l'aise. Je voyais les choses sans pouvoir les décrypter.
130:07
Vous n'aviez pas les éléments pour reconstituer l'ensemble de sa structure.
130:13
Même si je n'ai pas de repères, moi, de mon côté familial. Ma mère est décédée jeune.
130:19
Et à quel moment de votre vie, Claire, vous avez su que vous aviez affaire à un pervers narcissique ? On va le dire avec un raccourci.
130:27
Alors, figurez-vous un an et demi après notre séparation.
130:31
Ah oui. Là, c'est le travail thérapeutique qui vous a permis de mettre ce mot dessus et de comprendre ce dont vous avez été victime.
130:39
Non. Après.
130:41
C'est après. C'est-à-dire que le travail thérapeutique est arrivé deux mois avant. Et deux mois avant, en fait, j'avais cheminé. Vous avez 17 ans. On réfléchit. On ne réfléchit pas. On l'assume et tout ça. Après, on s'est séparés. Il m'a aidée aussi financièrement. Je ne vais pas dire non. Mais il y avait toujours une contrepartie. Et il bouffait mon temps. Parce que moi, j'étais sans formation. Enfin, si, j'avais un diplôme, un mec qui était périmé, en secrétariat.
131:15
Alors que quand j'ai postulé, on demandait quand même de la comptabilité.
131:20
Vous êtes toujours en colère aujourd'hui, Claire ? Parce que je sens quand même dans vos propos qu'il reste encore un peu de colère contre lui.
131:27
Alors un peu de colère, oui. Pas contre lui. Par contre, par ce genre de personnalité qui excelle.
131:40
Dans la manipulation, dans la manipulation.
131:43
Ah oui, et si vous n'avez pas dans votre entourage, parce que moi je suis bien chanceuse J'ai vécu 17 ans. Pas de maltraitance. Par chance, je n'ai pas eu de coup physique. Par chance. Mais je pense que peut-être il a senti ma limite aussi. Je dis par chance. Parce que je n'ai jamais goûté à une classe dans la salle.
132:16
Vous étiez malheureuse, vraiment malheureuse au quotidien.
132:20
Malheureuse, mais heureuse. Comment dire ça ? Heureuse de la chance que mes enfants avaient, mais pas que, pas que. La mienne aussi. C'est-à-dire de profiter de ma famille, parce que grâce à ses revenus...
132:44
à l'ocataire.
132:46
Vous viviez quand même bien.
132:47
Ça me permettait de ne pas travailler et de m'occuper pleinement de mes enfants et de ma famille. Et donc, du coup, même de lui. Parce que c'est un monsieur qui est allé loin ici, dans le département où je suis.
133:04
En tout cas, vous êtes très lucide sur la situation.
133:06
Comme on dit, derrière chaque homme, il y a une femme. Oui, c'est certain.
133:12
C'est pour ça que je ne veux pas trop dire là où je suis.
133:16
Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez refait votre vie aujourd'hui ?
133:22
Alors, j'ai essayé. Franchement, j'ai essayé. Mais après 17 ans, en n'ayant connu que deux hommes avant lui, quand on dit deux hommes, c'est des amourettes.
133:39
Oui.
133:40
Voilà.
133:41
à l'époque.
133:42
Vous voulez dire que vous manquez d'expérience ?
133:46
Non, ce n'est pas l'expérience, c'est que j'ai débarqué 18 ans, 19 ans après.
133:51
Je veux dire qu'aujourd'hui, vous êtes craintive, c'est ça que vous voulez dire ?
133:55
Ah oui, après l'expérience d'avoir débarqué 19 ans après, je n'ai pas compris le monde, tellement je me suis fait avoir menteur, que du sexe.
134:08
C'est cru.
134:12
Le principal, c'est que vous soyez sortie de ces griffes tout de même. Vous êtes plus sereine aujourd'hui, néanmoins.
134:21
Sereine, oui. Sereine, non. Oui et non. Dans le sens où ça a brisé la relation que mes filles avaient entre elles.
134:39
Parce que quand on s'est séparés, huit mois après, même pas six mois après, la grande était déjà en crise d'adolescence à ce moment-là. Et paf, sur elle, la pauvre, s'est tombée à la séparation de ses parents. Et du coup, comme le papa était aveugle, même si elle a vu tout ce que j'ai mis en œuvre, je pense qu'elle a vu...
135:08
Il y avait une collaboration, voilà. Elle a bien vu que je n'abandonnais pas son papa, que les gars restaient, qu'il nous invitait chez lui, je faisais ses courses. Tout le monde a vu. Vous voyez, c'est une séparation pire qu'en douceur. Ce n'est même plus la douceur, c'est le coton.
135:31
Plus encore qu'à l'amiable, oui.
135:34
Vous avez continué de vous occuper de lui.
135:37
C'est parce qu'il est handicapé. Donc vous voulez nous dire que votre fille, elle a été dans un conflit de loyauté et qu'elle a choisi son père, c'est ça ?
135:47
D'accord, oui, tout à fait. Et sachant que le périmètre, le paramètre à retenir, c'est que le papa de mes filles ne s'est jamais occupé de ses filles. Quand on a vécu ensemble, Vous voyez, les problèmes du matin, levé du matin. Et aujourd'hui ?
136:09
Quand elles sont malades, quand... Et aujourd'hui, est-ce qu'il est toujours très proche de sa fille aînée et elle est beaucoup moins proche de vous, Claire, c'est ça ?
136:18
Non, non, c'est qu'il a profité de l'adolescence de ma grande.
136:21
Oui. Pour la manœuvrer. Et que moi, j'en pouvais plus. Pour la manipuler.
136:25
Que moi, j'en pouvais plus parce qu'on était séparés. Que je devais conjuguer son bien-être à lui. N'oubliez pas, il est handicapé. Oui.
136:35
Donc, je faisais beaucoup de va-et-vient. Je ne travaillais pas avant. J'étais devenue femme de ménage.
136:42
Femme de ménage, quoi. Allô ? Et c'est moi qui... Mes enfants ne sont jamais rentrés seuls de l'école. Pourtant, il n'y a pas ce qui se passe aujourd'hui. Oui.
136:58
Mais moi, c'était... Non. C'est pas une histoire de sécurité. Bon, bref. Moi, j'ai accumulé tout ça, et à un moment donné, la grande, avec ces crises, ces trucs, anodines, franchement, aujourd'hui.
137:14
Enfin, anodines, oui, non. Enfin, vous étiez pas, en tout cas, en capacité d'absorber ces crises d'adolescence. Il est resté très confident. C'est ça aussi la manipulation, après. Parce qu'il est aveugle, hein. Voilà. Voilà. Mais il a sa cloche. Moi, c'est la cloche. Il m'a dit, oui, écoute, je peux te soulager si tu veux. Moi, c'est des mots-là qui me... dans plein de ma tête. Je peux te soulager. C'est étrange, hein ? Comment la mémoire peut oublier.
137:48
Maintenant, c'est marquant. Je peux te soulager. Tu peux me soulager de quoi, en fait ? Je peux la prendre chez moi et dès qu'elle est allée chez lui... Le papa qui ne l'a jamais été.
138:02
Il est devenu.
138:04
Ah, mais c'était son roi. Il est devenu son roi. Et on habitait juste à 200 mètres. Donc du coup, ma grande, elle est venue une, deux fois. Et moi, je venais d'aménager à 200 mètres. Nouvel appartement, vous voyez.
138:25
Et après, elle n'est plus jamais revenue. Elle est venue deux fois dans cet appart. Vous imaginez deux fois alors qu'on a vécu deux ans ? Mais moi, je la voyais. Je la voyais parce que j'allais chez lui.
138:39
Et aujourd'hui, comment ça se passe avec votre grande ?
138:43
Écoutez, aujourd'hui, il s'est passé beaucoup de choses. Il y a eu surtout la thérapie.
138:48
Oui.
138:49
Franchement, thérapie longue, tout ça. Longue, longue.
138:54
Oui.
138:55
Et à travers la thérapie... Vous avez compris beaucoup de choses, évidemment. Oui, et surtout le soutien de mon thérapeute. Exceptionnel. Je dis thérapeute pour ne pas dire un autre mot qui est assez controversé. Qui commence par un P. Qu'est-ce que c'est ?
139:19
Je ne comprends pas. C'est un praticien ? La psychanalyse.
139:23
Ce n'est pas controversé, la psychanalyse ?
139:26
Je suis restée encore à l'autre temps.
139:29
Parce que moi, ça fait 10 ans que je suis en psy. Oui, mais un psychanalyse, ce n'est pas controversé du tout. C'est juste un type de thérapie.
139:36
J'ai commencé par un psychologue dans mon quartier. Elle n'a rien compris. Elle était... Rien que quand je lui ai raconté ma vie au début, on est au début. Elle m'a fait peur. Franchement, comme si elle n'avait jamais... J'ai dit...
139:57
Voilà.
139:59
Quand on comprend rien, mais qu'on vous dit quand vous avez des problèmes d'esprit, de cœur, vous avez un docteur, le docteur, c'est le psychologue. Et vous allez voir le psychologue pour la première fois, bon, pas privé, c'est de l'État, vous voyez ? En plus, il faut attendre. Et quand vous le voyez, vous lui dites tout ce qui vous arrive,
140:25
il est décomposé.
140:25
Donc, la posture. Bon, maintenant, je dis posture zéro. Posture zéro, tout le monde s'enfuit.
140:35
En tout cas, le principal, c'est que vous ayez trouvé la bonne alliance thérapeutique avec votre psychanalyste et qu'aujourd'hui, vous soyez ce soir sur l'antenne d'Europe 1 pour nous raconter votre histoire, Claire.
140:45
Merci beaucoup. Pas tout à fait. Et mon message... Non, attendez.
140:48
Alors, dites-moi vite parce qu'on a d'autres appels.
140:50
Oui, parce que mon message, même si les auditeurs ont n'auront pas trop compris. Le message que je voulais passer à toutes ces femmes ou ces hommes ou quoi qu'elle, c'est que mes deux filles ont été séparées. Vous imaginez 15 ans, 10 ans. Là, elles se sont... Avec ce travail thérapeutique, justement. Particulièrement en psychanalyse.
141:20
Mais après, il y a d'autres chemins. Qu'importe.
141:23
Ça a été un travail très long. Alors déjà, pour soutenir la dernière qui ne voulait pas vivre avec son papa par rapport à ses affinités, la grande a eu des affinités, donc elle a vécu avec son papa. Le papa est allé jusqu'à l'alignance parentale. Voilà. C'est-à-dire que je ne pouvais plus communiquer avec elle. Un jour, on s'est rencontrés dans la rue Ça a été violent. Et je lui ai dit, mais qu'est-ce que tu me reproches ?
141:55
Non, mais tu n'es pas ma mère. Et là, je n'ai pas compris. Donc, heureusement que j'étais soutenue parce que j'avais la dernière... Voilà. Tout ce chemin, franchement, j'encourage tout le monde. On n'est pas des malades. On voit les choses. Mais franchement, si vous êtes soutenue par un bon professionnel, qu'il soit, et je le précise, hein, Un thérapeute non diplômé, un psychologue diplômé, clinicien, mais pas que.
142:33
Quand vous le voyez, dites-lui, qu'est-ce que vous lisez ? Si sa bibliothèque est grande, tant mieux. Combien t'as le livre ? 50, je ne sais pas. Un psychanalyse aussi, c'est une autre, c'est plus long.
142:47
Notre démarche, oui.
142:49
Oui, franchement, c'est vraiment une autre démarche, c'est très long.
142:54
Mais chacun doit trouver son outil et son praticien. Tout à fait, mais il faut vraiment aller... En tout cas, il faut demander de l'aide, c'est ça que vous voulez nous dire, demander de l'aide et aller au bout de la démarche.
143:05
Même si, malheureusement, ce qui est assez extraordinaire, c'est que la sécurité sociale ne va pas en charge de cela.
143:19
Un peu plus maintenant avec le CMP, mais il y a des listes d'attente. On progresse sur la santé mentale. C'était quand même la grande cause nationale l'an dernier, la santé mentale.
143:28
Les CMP, les psychiatres, ils sont fatigués. Non, c'est que la psychiatrie, c'est le parent pauvre de la santé en France. Donc ne me parlez pas de CMP. CMP, c'est la blague.
143:42
En tout cas, on a compris votre message ce soir. Et je ne peux aller que dans votre sens, puisque je suis psychopraticienne, évidemment. Mais c'est une longue démarche de maman. En tout cas, ne restez pas dans votre coin, seule, avec ce qui vous traverse, avec les douleurs, avec les interrogations, avec la culpabilité qui est mal placée. C'est ça que vous voulez nous dire. Allez vous ouvrir, allez demander de l'aide. Merci beaucoup, Claire.
144:06
A vous aussi, mais bon. Merci beaucoup. Au revoir.
144:22
Il était une fois Une jeune demoiselle au regard insolent Qui sortait le soir Pour combler le vide simplement Et comme d'habitude Elle cache sa vraie nature dans sa paire de dents Et par lassitude Elle veut fuir ses soirées remplies de faux semblants Quand soudain elle croise Le regard de celui qu'elle aime tant Au milieu de la foule elle attend Qui l'emmène loin de ses amours, de la tour Eiffel Tout paraît soumis dans le vent, tu regardes celui qu'elle aime tant Ce n'est pas la vraie vie qu'on apprend dans ces soirées mondaines La foule s'agit de ses yeux brûlés de mille feux Ça la rend fébrile, évidemment Elle attend qu'on l'invite Quand soudain elle croise Le regard de celui qu'elle aime tant Au milieu de la foule elle attend Qu'il l'emmène loin de ses amours De la tour Eiffel Tout paraît subi dans le vent Du regard de celui qu'elle aime tant Ce n'est pas la vraie vie qu'on apprend Dans ces soirées mondaines Sous-titres par Juanfrance Quand soudain elle croide Le regard de celui qu'elle aime tant Au milieu de la foule elle attend Qu'il l'emmène loin de ses amours De la tour Eiffel Tout
145:56
paraît soubli dans le vent Le regard de celui qu'elle aime tant Ce n'est pas la vraie vie qu'on apprend Dans ces soirées mon veine Le regard de celui qu'elle aime tant Au milieu de la foule elle attend Qu'il l'emmène loin de ses amours De la tour Eiffel Tout paraît soubli dans le vent Le regard de celui qu'elle aime tant Ce n'est pas la vraie vie qu'on apprend Dans ces soirées mon veine Dans ces soirées moudaines Dans ces soirées moudaines Et cet été soir Une jeune demoiselle au regard insolent Qui sortait le soir Pour combler le vide simplement Quand soudain elle croise Le regard de celui qu'elle aime tant Au milieu de la foule elle attend Qu'il l'emmène loin de ses amours De la tour Eiffel Tout paraît sourit dans le vent Du regard de celui qu'elle aime tant Ce n'est pas la vraie vie qu'on apprend Dans ces soirées modernes Le regard de celui qu'elle aime tant Bonsoir Adeline.
147:12
Oui, bonsoir. Comment allez-vous Adeline ?
147:26
Jus.
147:36
Ça va, j'essaye d'aller.
147:38
Ah, vous essayez d'aller. De quoi voulez-vous nous parler ce soir ?
147:43
D'une famille qui est défaillante, en fait.
147:47
Donc la vôtre, j'imagine.
147:48
Oui, j'ai 51 ans.
147:51
Oui.
147:51
Et actuellement, je suis très isolée par rapport à ma famille paternelle. Du côté maternel, il n'y avait pas beaucoup de famille. Tout le monde est décédé.
148:03
Mais du côté paternel, j'étais une enfant qui n'était pas désirée de mes parents. J'ai été une enfant maltraitée. Et mon père a dix frères et sœurs. Enfin, ils sont dix, en fait.
148:13
Ah oui, grande famille, hein ?
148:15
Oui. Et tout le monde a fermé les yeux sur la maltraitance que j'ai vécue enfant. Maintenant, j'ai 51 ans. Tout le monde a fermé les yeux. Personne n'a rien dit. Qu'ils ont vu, hein ?
148:26
Ils ont vu ? Ils ont assisté à des scènes ?
148:28
Oui.
148:30
Et personne, personne sur les dix frères et sœurs de votre père n'a réagi ? Aucun oncle, aucune tante, personne ?
148:36
On disait à mon père, tu es dur avec elle, tu es très dur avec elle. Et c'est tout. Ils n'osaient pas aller plus loin. Et encore à l'heure actuelle, j'ai 51 ans, je me suis mariée, j'ai eu une fille...
148:53
Et j'adore ma fille. Et mes parents ont juré qu'ils me détruiraient.
148:58
Encore aujourd'hui ?
148:59
Oui, oui. Ça va faire ma fille à 25 ans maintenant. Et ça va faire 5 ans qu'elle est partie vivre chez mes parents.
149:07
Ah bon ? Mais comment se fait-il que votre fille soit chez vos parents ?
149:11
Elle était accueillie par eux. Parce que moi, je voulais qu'elle connaisse sa famille des deux côtés. Du coup, je n'ai jamais empêché qu'ils la voient. Et bien, ils faisaient des super cadeaux...
149:21
Ensuite, ils l'emmenaient en camping-car. Je lui offrais des vacances. Moi, je lui offrais aussi. J'avais une caravane. On la mettait six mois de l'année au bord de la mer parce qu'on n'habitait pas loin. J'ai fait tout pour elle. Mais ils ont toujours tenté de faire plus pour elle que moi et son père, on pouvait lui offrir.
149:38
Et qu'est-ce qui s'est passé il y a cinq ans pour qu'elle aille vivre chez eux ?
149:42
Pas grand-chose. En fait, presque je qualifierais ça de... presque de crise d'adolescence. Je lui demandais de ne pas prendre son téléphone à table...
149:51
des petites broutilles comme ça. Et elle commençait à me répondre en me disant, je fais un petit peu ce que je veux quand même. Maintenant, je suis majeure. Je lui ai dit, je ne te demande pas grand-chose. Juste pas le téléphone à table. Voilà, on est ensemble à table. C'est un peu normal, je ne sais pas. Et elle a téléphoné à son grand-père. Il lui avait dit, si tu te disputes avec maman, si un jour ça ne va pas, tu m'appelles. Et puis, on vient te chercher.
150:17
C'est ce qui s'est passé ce jour-là ?
150:20
qu'elle a fait une fois, oui. Elle est revenue une semaine après. Une deuxième fois, ça a recommencé encore pour des petites disputes de pas grand-chose. Elle m'était partie dans sa chambre et ça me faisait mal au cœur et j'ai voulu aller discuter avec elle. Et elle me dit, j'ai rien à te dire, j'attends papi. Je me dis, comment t'attends papi ? Elle me dit, oui, je lui ai téléphoné, papi, viens me chercher. Je dis, tu peux pas faire ça, tu vas pas partir comme ça. Et elle est partie et là, ben j'ai...
150:50
Elle a plus ou moins, oui, quand même plus coupé les ponts que moi. Elle m'envoie un message à la nouvelle année, un SMS pour mon anniversaire.
151:01
Et c'est tout ? Oui. Depuis cinq ans ?
151:03
Oui, ça va faire cinq ans, oui.
151:07
Et avec son père, comment ça se passe ?
151:09
Elle a coupé complètement les ponts. Son père nous a abandonnés quand elle allait avoir 20 ans. Il est parti avec une autre femme.
151:18
Ah oui, donc votre mari vous a laissé quand elle a eu 20 ans, et elle, elle vous a laissé aussi quand elle a eu 20 ans ?
151:24
Oui. Son père est parti un petit peu avant, quand elle a eu 18 ans.
151:34
Et vous avez tenté de parler à vos parents tout de même, en dépit des relations douloureuses que vous avez vécues avec eux ?
151:43
Oui, mais quand ils l'ont emmenée, quand elle est partie avec eux ce jour-là, ma mère était dans la maison avec moi, mon père l'attendait dans la voiture, attendait ma fille. Et ma mère s'est approchée de moi et je pensais qu'elle allait me prendre dans ses bras parce que je pleurais, j'hurlais. Je disais non, elle ne peut pas partir comme ça, ce n'est pas possible, c'est n'importe quoi. Ma mère, elle s'est approchée et yeux dans les yeux, elle m'a dit de toute façon, je te détruirai.
152:07
Moi je pensais qu'elle allait me prendre dans ses bras en me disant ça va s'arranger, on va discuter, ça s'arrangera.
152:14
Quelle violence ! Est-ce que vous avez des amis qui peuvent vous soutenir ?
152:22
Je suis assez battante, je suis passée à autre chose. Là ce qui me fait mal c'est que en même temps, en parallèle, j'ai perdu un de mes oncles au moment du Covid, du côté de mon père du coup.
152:36
Et je sentais bien quand je téléphonais à mes oncles et mes tantes pour prendre de leurs nouvelles, tout le monde était froid avec moi. Et je sentais qu'ils n'avaient pas envie de me parler ou ils me parlaient sèchement.
152:47
Et ils m'en voulaient parce que je ne suis pas allée au deuil de mon oncle. Parce que mon père m'avait caché que mon oncle est décédé. Et du coup, je ne vais plus aller au deuil. Et moi, je ne l'ai pas su. Et ensuite, quand je l'ai appris, j'ai voulu téléphoner à une de mes tantes, à ma tante qui a perdu mon oncle d'ailleurs. Et j'ai cherché son numéro sur Internet. Parce qu'elle change souvent de portable. Du coup, j'ai cherché à la contacter. Et je suis tombée sur la vie de décès de mon oncle. Et ça faisait presque 18 mois qu'elle était décédée.
153:16
Ah, c'est comme ça que vous l'avez appris ? Oui.
153:20
Et mes parents étaient avec ma fille en camping-car en vacances. Et j'ai appelé mes parents en leur disant « Mais qu'est-ce que c'est ça ? » « Mon oncle est parti. » Et je bégayais, je bégayais. Et mon père a dit « Attends, on arrive.
153:32
» Et ils sont arrivés avec ma fille. Et il me dit, arrête de bégayer, arrête de bégayer. Mais c'était le choc, je n'arrivais plus à parler. J'ai bégayé pendant plus de huit jours. Et il me disait, arrête d'imiter ma sœur parce qu'il a une sœur qui a eu un problème d'épilepsie et qui bégait. Et il me dit, arrête d'imiter ma sœur. Mais je n'imitais pas sa sœur, je n'arrivais plus à parler. Et il me dit, si tu n'arrêtes pas de bégayer, on ne peut pas te laisser comme ça. J'appelle un hôpital psychiatrique et puis il est pompier, il t'embarque et puis on te fait hospitaliser en psychiatrie.
154:06
Et là, je me suis mis en colère en disant, mais non, c'est n'importe quoi.
154:10
En bégayant, je leur ai dit, mais ce n'est pas un hôpital de psychiatrie que je suis choquée. Et je leur ai dit, partez de chez moi. Et mon père m'a dit, non, non, je reste ici. Non, mais si tu restes ici, c'est moi qui prends mon téléphone. Moi, je ne vais pas appeler les pompiers pour aller en psychiatrie. Je vais appeler les gendarmes pour qu'ils te sortent de chez moi.
154:28
La violence perdure entre vous.
154:31
Oui, et ensuite, ce que j'ai vécu là, c'est qu'un requiem, si on peut dire ça, mais j'ai déjà vécu ça parce que quand j'avais une quinzaine d'années, mon père avait rencontré une autre dame. Et il voulait quitter ma mère, mais méchamment aussi. Il voulait s'installer avec cette femme-là et il avait voulu faire enfermer ma mère en hôpital psychiatrique pour avoir la garde de moi et mon petit frère.
155:00
Oui.
155:01
Du coup, il avait déjà voulu enfermer ma mère en hôpital psychiatrique. Et moi, des fois, je disputais pendant la nuit. Même mon père frappait ma mère. Je me levais pour me mettre entre deux. Je défendais ma mère. Et je disais non, il prenait le téléphone pour la faire interner. Parce qu'elle faisait des crises un peu de colère. Il disait pareil, t'es en colère, c'est parce que t'es folle. Et du coup, j'ai ce souvenir-là. Et encore mieux, mon père, avec ses frères et soeurs, Il y en a quelques-uns aussi qui se sont ligués contre mon grand-père paternel aussi.
155:35
Et qu'ils ont réussi à le faire interner aussi en hôpital psychiatrique.
155:39
Ah oui, c'est le mode opératoire familial. Dès que ça ne va pas, on menace d'hospitalisation en hôpital psychiatrique.
155:46
Oui, et mon grand-père disait toujours, ils ont réussi à me faire interner. Et c'est vrai qu'il a été interné, il a été en colère. Il était à bout de nerfs et après j'ai su, parce que j'ai commencé à être majeur, il me dit « Tu ne me crois pas ma petite fille ? Regarde, il me faisait voir ses relevés téléphoniques. On lui téléphonait sans arrêt la nuit, on lui raccrochait pour l'empêcher de dormir la nuit. Il était fatigué et il doutait que c'était ses enfants. » Ils ont réussi à le faire interner. Après, je les suis aussi parce qu'ils ont parlé devant moi.
156:21
J'ai toujours regardé ce que mon grand-père me disait. Mais j'ai une tante, du coup, une soeur à mon père qui a parlé devant moi. Elle a dit connivence avec M. le maire, ma tante, et un médecin qu'elle connaissait bien. Et avec trois signatures, ils ont fait interner mon grand-père en hôpital psychiatrique.
156:37
Et il est resté combien de temps hospitalisé, votre grand-père ?
156:39
Je ne me souviens plus. Je me souviens que j'étais au début, j'avais 18 ans, je venais ma grand-mère le voir parce qu'elle n'avait pas de permis de conduire. Mais il disait que c'était injuste, il n'avait rien à faire là-bas. Et je me souviens que j'avais 18 ans, moi c'était très dur parce qu'il était... Il y avait plein de médicaments, il était complètement... Stonant.
156:58
...anéanti. Et comment ça s'est passé ce fameux jour où vous avez menacé d'appeler les gendarmes, votre père qui vous menace de vous faire hospitaliser, tout ça devant votre fille et devant votre mère maltraitante ? Comment ça s'est terminé ce jour-là ?
157:14
Eh bien, ils sont partis. Ils sont partis et ensuite, moi j'ai contacté ma tante qui a perdu son mari, mon oncle du coup...
157:23
Et au début, je suis même allée chez elle une fois, elle m'a reçu. Et il a fallu qu'elle le dise à mon père qui est son frère. Et maintenant, après, j'ai essayé de lui re-téléphoner. Puis elle me dit, tu sais, je ne veux plus te parler, je ne veux plus te recevoir chez moi. Même d'autres tantes m'ont dit, on ne veut plus te recevoir parce que non, si ton père le sait, ça va être une catastrophe.
157:48
C'est toute la famille. Il est menaçant avec tout le monde. Est-ce que vous faites suivre Adeline par une psy ? Oui, oui. C'est important surtout de bien poursuivre ce soutien parce qu'on n'est jamais à l'abri que les choses puissent s'arranger avec votre fille. Plus elle va grandir, plus elle va prendre conscience aussi.
158:12
Oui, c'est ce que je me dis. Je fais toujours un petit contact avec elle. Je sais que le 1er janvier, à la nouvelle année, il était minuit une à peine. La première personne, elle envoyait un SMS, c'était à moi.
158:25
Donc vous voyez, il y a l'amour. C'est juste une question de temps. Je vous souhaite plein de courage Adeline. Plein de courage à vous dans la suite de votre relation avec votre fils. C'est ce qu'il y a de plus important. Maintenez bien le contact. Prenez bien soin de vous Adeline. Au revoir. Merci de votre fidélité à l'antenne d'Europe 1 et à la libre antenne. On se retrouve lundi dès 22h15. D'ici là, prenez soin de vous, des autres.